
Dimanche 14 juin 2026
11ème dimanche du temps ordinaire
- Exode : Vous serez pour moi un royaume de prêtres
- Psaume 99 : Il nous a faits et nous sommes à lui, nous, son peuple, son troupeau.
- Romains 5, 6-11 : Le Christ est mort pour nous.
- Matthieu 9, 36 à 10,8 : La moisson est abondante.
Lire les textes de la liturgie
La moisson est abondante
mais les ouvriers sont peu nombreux
La moisson est abondante
Bernadette Lopez (Berna)
Evangile et Peinture
Homélie
Frères et sœurs, dans l’Evangile de Matthieu que nous venons d’entendre, nous sommes à un tournant, en ce qui concerne la révélation de la Bonne Nouvelle du Royaume. Après avoir proclamé sur la montagne le discours qui s’ouvrait par les Béatitudes, où Jésus résumait tout son enseignement, « il guérit toute maladie et toute infirmité ». Aujourd’hui, « saisi de compassion envers les foules qui étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger », il dit à ses disciples une parole qui les engage : « La moisson est abondante mais les ouvriers sont peu nombreux. » Ayant dit cela, il les envoie en mission.
Méditons les deux termes de cette Parole de Jésus.
La moisson est abondante…
La moisson, c’est le moment où le grain de blé est séparé de la paille qui est brûlée, c’est le moment où la vie manifestée dans l’image du blé est victorieuse de la mort qui, elle, est brûlée avec la paille. C’est bien ce que Jean-Baptiste disait au début de l’évangile de Matthieu : « Celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. » (Mt 3, 11-12) Sans attendre le jugement dernier, c’est bien ce que Jésus fait sur notre terre en guérissant toute maladie et toute infirmité, il combat la mort pour faire renaître la vie.
Apparemment ce sont les forces du mal qui gagnent. « Les foules sont fatiguées et abattues comme des brebis sans bergers. » Aujourd’hui encore, dans notre monde, les foules sont fatiguées et abattues, les hommes et les femmes de ce monde se déchirent et s’opposent pour gagner toujours plus d’or et d’argent sur le dos de l’autre, pour avoir le pouvoir, pour asservir les plus fragiles. Comme au temps de l’esclavage du peuple en Egypte, comme au temps de Jésus, les foules aujourd’hui ne savent plus à quel saint se vouer.
… mais les ouvriers sont peu nombreux
Par ces mots, Jésus suggère à ses disciples qu’il a besoin d’eux. Jésus envoie les douze et leur mission est claire : « Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. » Aujourd’hui encore, Dieu ne fera rien sans nous. Dieu a besoin des hommes pour réussir son dessein d’amour, pour le temps de la moisson, le temps de séparer le grain de la paille, la vie de la mort. C’est à nous, à chacune et chacun d’entre nous d’enseigner et de guérir toute maladie et toute infirmité !
En envoyant ses disciples, Jésus dit : « Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. » L’évangile de Matthieu s’adresse principalement à des chrétiens originaires du judaïsme, alors il n’est pas étonnant que Jésus commence par sa propre nation. La mission commence là où nous sommes, auprès de ceux avec qui nous vivons et c’est peu à peu qu’elle s’ouvre à l’universel. Ainsi au terme de son évangile, Matthieu mettra ces mots dans la bouche de Jésus : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28, 19-20)
Jésus parle ici aux disciples, mais cela ne nous met pas hors du jeu. Si nous pouvons entendre aujourd’hui cette parole c’est bien parce qu’elle nous concerne toutes et tous, ici présents dans cette Chapelle. La première lecture de ce jour nous le confirme. Moïse parle au peuple, face à la Montagne où il va rencontrer Dieu : « Maintenant donc, si vous écoutez ma voix et gardez mon alliance, vous serez mon domaine particulier parmi tous les peuples, car toute la terre m’appartient ; mais vous, vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte. » (Ex 19, 5-6) Chaque chrétien est membre de ce Royaume de prêtres comme cela est dit dans l’Apocalypse où il est écrit : « Jésus qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, a fait de nous un royaume et des prêtres pour son Dieu et Père » (Ap 1,6-8). Nous sommes, toutes et tous, membres de ce « Royaume de Prêtres. » Il n’y a pas seulement les prêtres ordonnés comme le sera Thommas à Beauraing le 28 juin.
A nous aujourd’hui, à la suite des apôtres, de mettre en œuvre les consignes de Jésus dans les diverses situations où nous nous trouvons. Il s’agit de nous faire les alliés de notre prochain contre tout ce qui lui fait du mal. Chacun, chacune d’entre peut donc s’interroger : « Comment vais-je aujourd’hui enseigner et guérir toute maladie et toute infirmité » dans le quotidien de mes jours.
Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement
Jésus, en confiant à ses disciples la mission de guérir toute maladie et tout infirmité leur en donne le mode d’emploi : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. » Tout ce que nous sommes, corps et âme, nos capacités, nos goûts, nos valeurs, nos amitiés, nos familles, les fruits de notre travail, notre environnement, bref la vie ! Mais aussi reçu le pardon et la réconciliation avec Dieu et avec les hommes, bref la vie redonnée, le Corps et le Sang de Jésus qui fait de nous un peuple de prêtres. Tout cela nous est donné par Dieu dans sa grande bonté et son inépuisable miséricorde. C’est donc avec la vie reçue et la vie redonnée que nous allons guérir toute maladie et tout infirmité. C’est cela que nous avons reçu gratuitement que nous sommes invités à donner gratuitement dans le quotidien de nos jours !
Alors laissons monter dans notre cœur cette prière : ce que nous avons reçu gratuitement, allons-nous le donner gratuitement ?
Père Henri Aubert sj
Communauté Notre-Dame de la Paix, Namur
La prière universelle de ce dimanche
Le célébrant : En ce onzième dimanche du temps ordinaire, tournons vers celui qui nous donnes sa vie et ouvrons maintenant notre prière aux dimensions de toute l’humanité.
Refrain : Jésus, sauveur du monde, écoute et prends pitié.
- Seigneur Jésus, tu nous a donné gratuitement ta vie en ce monde. Aujourd’hui les foules sont désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Seigneur, viens toucher le cœur des hommes et des femmes de ce temps pour qu’ils trouvent l’occasion, la force et les moyens de « guérir toute maladie et toute infirmité ».
Nous t’en prions. - Seigneur Jésus, la Coupe du Monde de football vient de commencer pour plusieurs semaines au Canada, Etats-Unis et Mexique. Seigneur, donne ton Esprit aux nations pour que le Sport soit un instrument de paix , de rencontre et de dialogue entre les cultures ; que par lui soient promues les valeurs de respect, de solidarité et de dépassement personnel.
Nous t’en prions. - Seigneur, en cette période d’examens et d’évaluation, donne aux étudiants et aux élèves, de même qu’à leur entourage, enseignants, famille, amis… la sérénité et la confiance propices pour porter du fruit, après toute une année de travail et d’efforts. Nous t’en prions.
- Seigneur, fais de notre communauté un foyer d’Amour fraternel, semblable au tien. Que nous puissions, porter gratuitement ton amour auprès de tous ceux avec qui nous vivons. Nous t’en prions.
Le célébrant : Seigneur Jésus, écoute les prières que nous venons d’exprimer, écoute celles qui sont dans notre cœur, exauce-les, toi qui es vivant pour les siècles des siècles.
Un chant pour accompagner notre méditation
Venez, Dieu nous appelle
Paroles : Benoît Gschwind – Musique : Bertrand Bayle
Venez, Dieu nous appelle, sa Parole nous rassemble.
Venez, c’est jour de fête ; entrez, Dieu nous attend.
- Entrez, entrez avec confiance, la table déjà est préparée…
Peuple de Dieu marqué par son passage,
Dieu nous attend avec patience pour être son Église. - Entrez, entrez dans le silence, la table déjà est préparée…
Peuple de Dieu, d’exode en exode,
Dieu nous attend avec patience pour être son Église. - Entrez dans l’espérance, la table déjà est préparée…
Peuple de Dieu vivant de l’Évangile,
Dieu nous attend avec patience pour être son Église. - Entrez, entrez dans l’alliance, la table déjà est préparée…
Peuple de Dieu promis à la tendresse,
Dieu nous attend avec patience pour être son Église.