A la sortie du temple de Jérusalem, un homme est là mendiant. C’est l’évangile de ce dimanche en Jean 9,1-41.
L’aveugle de naissance tend les mains vers ceux qui passent, habitués à le voir quémander, il attend quelque chose de la bonté des passants.
Il ne sait pas encore que quelqu’un va passer qui lui donnera ce qu’il n’ose pas, qu’il ne peut pas demander : la vue,
c’est en effet impossible puisqu’il est aveugle de naissance.
Avec la vue, le mendiant va recevoir le salut.
Ses yeux de chair sont guéris mais il faudra le temps de ce long récit pour que les ténèbres de son cœur soient dissipés.
Cet homme vient peu à peu à la lumière.
C’est un merveilleux récit car tout se passe sans qu’il ne s’en rende compte en son cœur : comme dans la parabole de St Marc, la graine du salut germe toute seule (Marc 4, 26-29) et c’est au bout du chemin seulement que l’aveugle reconnaît la lumière, celui qui l’a sauvé, il peut enfin dire : « Je crois Seigneur ! »
Aujourd’hui nous allons donner le sacrement des malades à quelques-uns, quelques-unes d’entre nous. La maladie, la vieillesse avec toutes ses fragilités, la fatigue du corps et de l’âme… Comme l’aveugle sur le bord de la route, ils sont dépendants de ceux qui les entourent, leurs proches, les soignants, il leur arrive aussi d’être bien seuls dans leur épreuve… Ce n’est pas un péché, c’est une détresse…
Aujourd’hui, la communauté chrétienne se rassemble avec eux, nous ferons corps avec eux, les malades comme les valides.
En présentant leur front, en tendant leurs mains au prêtre qui leur fera une onction, ils remettront à Dieu tout leur être souffrant dans l’humble confiance qu’il les sauve, qu’il les mène à la lumière, quoiqu’il arrive, parce qu’il est la Lumière, le Chemin et la Vie.
Tendons nos mains vers le Christ pour qu’il ouvre nos yeux, qu’il guérisse nos maladies, si cela est possible, s’il le veut bien, en tout cas qu’il nous libère de nos aveuglements. Dès maintenant, au cœur même de nos détresses, nous pouvons être dans la joie, nous pouvons lui rendre grâce car il est là, toujours !
« Je crois, Seigneur ! »