D’année en année, la Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié nous invite à porter notre regard sur différents aspects du phénomène complexe de la migration. Pour cette 112e Journée, le thème « Même un seul de ces enfants » attire notre attention sur les mineurs directement touchés par l’expérience de la migration et de l’exil, sur la sollicitude à leur égard et sur la promesse du Seigneur selon laquelle « quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille » (Mc 9, 37).
Les mineurs sont les plus vulnérables au sein des flux migratoires mondiaux. Ce sont des visages concrets, des histoires uniques, qui interpellent notre conscience. Chaque année, des millions d’enfants et d’adolescents sont contraints de quitter leur terre en raison des guerres, de la pauvreté, des violences, des catastrophes environnementales et d’autres tragédies ; et malheureusement, leur nombre ne cesse d’augmenter. Les responsabilités économiques, politiques et militaires de ce désastre sont immenses. La souffrance ne se limite pas au simple fait de se déplacer : certains très jeunes ont perdu des parents, des frères, des sœurs et des amis, et ont été témoins de violences indescriptibles. D’autres, séparés pendant de longues périodes de leur famille, tentent de les retrouver, tout en vivant l’angoisse de l’éloignement. Il y a aussi des mineurs qui entreprennent le voyage avec leurs parents, mais qui sont néanmoins exposés à des conditions extrêmes et traumatisantes. Enfin, nous ne pouvons pas oublier la situation tragique de ceux qui sont séparés de leurs parents à la suite d’un rapatriement.
À ce scénario déjà dramatique s’ajoutent d’autres tragédies : les morts sur les routes migratoires, la traite et l’exploitation, le recrutement de mineurs pour les conflits armés, la violence sexuelle, les mariages forcés et les atrocités subies ou observées au cours du voyage. Leur dignité est bafouée de bien trop nombreuses façons.