Rue Saint-Joseph, dans le quartier des Carmes à Namur, une énorme fresque colorée fait désormais vivre la mémoire de l’Abbé Joseph André (1908-1973).
Ce prêtre namurois a été reconnu “Juste” parmi les Nations par Yad Vashem pour avoir sauvé et protégé des enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. De 1942 à fin 1943, il a permis à plusieurs centaines d’entre eux d’échapper à la déportation et à une mort certaine. (voir la suite)
Ce mercredi 14 octobre, plus de 150 personnes étaient rassemblées, dans un grand recueillement, pour inaugurer cette fresque, réalisée par l’artiste Amandine Lesay : les autorités civiles et religieuses de Namur, dont Mme Charlotte Bazelaire, la bourgmestre de Namur, et Mgr Fabien Lejeusne, l’évêque de Namur, quelques-uns de ces enfants cachés, leurs enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, des membres des familles de l’Abbé André et de celles et ceux qui ont collaboré, au risque de le leur vie, au sauvetage de ces enfants juifs, menacés par la haine et la violence du nazisme, et aussi beaucoup de Namurois !
Nous avons tous été touchés par la parole des intervenants qui ont témoigné de l’œuvre de ce prêtre qui, grâce à la complicité active de nombreux namurois, a caché et sauvé ces enfants.
Vers la fin de cette mémorable célébration, des membres des familles de ces enfants cachés et de ceux qui les ont sauvés se sont rassemblés pour chanter la chanson d’Yves Duteil, « Prendre un enfant par la main ». Magnifique hommage à cet homme qui a su les prendre par la main pour les soustraire à la haine et à la violence, et entraîner d’autres sur ce chemin de solidarité et de fraternité.
De par le monde, nous savons qu’aujourd’hui encore des horreurs comme celles qui menaçaient ces enfants et leurs familles se répètent et sont d’une terrible actualité, à Gaza, en Ukraine, au Kivu, au Soudan, en Birmanie et en tant d’autres lieux… Cette fresque et son inauguration nous rappellent qu’aujourd’hui encore, des hommes et des femmes risquent leur vie en protégeant, soignant et sauvant des personnes de l’enfer où elles sont enfermés. Ils sont signes de l’espoir et de l’amour qui peuvent habiter notre humanité, malgré tous les prophètes de malheur, et de la solidarité que nous pouvons exercer, chacune et chacun d’entre nous, là où nous vivons.