Jésus libère en nous la capacité d’aimerLa liturgie de ce dimanche Ces trois messages de style différent se réfèrent à des aspects concrets de l’humanité : la satisfaction de boire et manger, la nécessité d’affronter les dangers de tout genre… Si on se cantonne à ces aspects, ce qu’ils nous offrent est du rêve. Il est en effet impossible aux humains de trouver une solution durable aux problèmes dont ils sont souvent à l’origine. Ces trois messages ont une autre portée. Ils nous invitent à réaliser que, derrière tous ces aspects matériels, il y a une force de vie fondamentale qui peut tout changer ; c’est celle d’aimer. L’amour ne va pas apporter une solution à toutes les difficultés liées à notre finitude et à celle du monde dans lequel nous vivons, liées en plus à notre tendance à vouloir dominer les autres, les utiliser dans notre intérêt … Mais l’amour va changer les cœurs, rassembler celles et ceux qui viennent écouter Jésus dans un endroit désert, aider Paul à porter l’épreuve de sa condamnation. L’amour suscite l’entraide et permet de traverser des épreuves qu’on est bien incapable de porter seul. Il suscite en ce sens des miracles. Ce Dieu d’amour, que nous rencontrons en Jésus, fait avec nous une alliance éternelle. Rien ne nous séparera de celui-ci et nous mangerons toutes et tous à notre faim. Ce qui au départ semblait puéril devient par l’amour une force énorme de changement. Aujourd’hui, Dieu, en Jésus-Christ, est cette force d’amour. Il est avant tout amour et pardon. Il nous invite aujourd’hui à vivre de son esprit avec ce que nous sommes et dans ce monde où le bien et le mal se côtoient. Il n’est pas le tout-puissant qu’on invoque pour pallier notre impuissance mais celui qui libère en nous cette capacité d’aimer et, grâce à elle, de vivre et porter ensemble une espérance, celle qui traverse les épreuves et se poursuit au-delà de la mort. Père Pierre Devos sj |