
Dimanche 9 août 2026
19ème dimanche du temps ordinaire
- 1 Rois 19, 9a.11-13a : Le Seigneur n’était pas dans l’ouragan.
- Psaume 84 : Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut.
- Romains 9, 1-5 : C’est la vérité que je dis dans le Christ.
- Matthieu 14, 22-33 : Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?
Lire les textes de la liturgie
Confiance, c’est moi, n’ayez plus peur !
Pierre sauvé des eaux,
Évangéliaire enluminé, Codex Egberti (vers 980)
Bibliothèque municipale de Trèves
Homélie
Frères et sœurs,
Par lequel de nos sens Dieu vient-il à notre rencontre ? Et par lequel de nos sens allons-nous nous-mêmes à sa rencontre quand nous le cherchons ?
Nous aimerions probablement que ce soit par la vue. « Voir Dieu », ne serait-ce pas la preuve ultime et définitive de son existence que tant de gens espèrent trouver ? Pourtant, nous le savons, comme le dit saint Jean, « Dieu, personne ne l’a jamais vu », ou, comme le dit le livre de l’Exode, « L’homme ne peut voir Dieu et vivre. »
D’ailleurs, avouons que si, d’un côté, nous aimerions bien voir Dieu, l’inverse, la pensée que Dieu nous voit et nous regarde tout le temps sans que nous puissions échapper à ce regard, nous enchante moins. Rappelons-nous ces images d’un œil inscrit dans un triangle que l’on trouvait autrefois suspendu au-dessus des portes, comme pour évoquer un Dieu qui épie, qui surveille, à qui rien n’échappe, prêt à sévir, un Dieu fait pour inspirer la peur et pour contrôler nos comportements. Le Dieu du voir et du regard, depuis la Genèse, ne nous inspire guère de sympathie et nous préférons nous en cacher.
C’est sans doute la raison pour laquelle, nous le savons, le moyen privilégié par Dieu pour entrer en relation avec nous est la parole et l’écoute. Dieu appelle, Dieu parle, et l’homme qui écoute peut l’entendre, lui répondre, l’appeler à son tour et entrer en relation avec lui. Si c’est la vue du buisson ardent qui fait faire un détour à Moïse, c’est lorsque Dieu l’appelle à haute voix : « Moïse, Moïse ! » et que Moïse lui répond : « Me voici ! », que la rencontre se fait, que la relation se noue et que l’histoire commence. C’est quand Dieu appelle Samuel au milieu de la nuit : « Samuel, Samuel ! » et que celui-ci lui répond : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute ! », que la rencontre a lieu, que la relation se noue et que l’histoire commence. Et c’est lorsque l’ange dit à Marie : « Je te salue, comblée de grâces, le Seigneur est avec toi ! » et que Marie répond : « Qu’il me soit fait selon ta parole ! », que la révélation a lieu et que l’incarnation commence.
Dieu appelle, il parle et il nous donne la parole, il attend notre réponse, notre parole, pour que la relation puisse naître, se développer et s’épanouir. Avec Dieu, comme entre nous, c’est la parole échangée et l’écoute mutuelle qui préside et ouvre à la relation. L’écoute du cœur et l’écoute de l’intelligence, la parole intérieure qu’il nous adresse et que nous lui adressons.
Ce contraste entre ce que produisent le voir et la parole quand il s’agit de Dieu, nous le retrouvons dans l’Évangile d’aujourd’hui et cela vaut la peine de s’y arrêter un instant.
« En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « c’est un fantôme ». Pris de peur, ils se mirent à crier. »
« Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la force du vent, il eût peur et comme il commençait à s’enfoncer, il cria ! »
A deux reprises, le voir provoque l’effroi, la peur, le bouleversement, et la perdition. La vue, le regard sur, laisse désemparé, impressionne, montre une situation qu’on ne comprend pas, « C’est un fantôme », ou dont on croit qu’on n’en sortira pas indemne : Pierre se voit en train de se noyer. Ce n’est que lorsqu’un cri s’élève, qu’un appel retentit, et qu’une parole y répond, que la situation s’éclaircit, se pacifie et se dénoue.
« Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur ! »
« Seigneur, sauve-moi ! Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
Vous avez peut-être déjà remarqué que, quand on se représente une situation, une tâche, un travail, ce que nous voyons nous semble souvent très impressionnant et cela nous fait peur. Il y a tellement de choses à faire, à préparer, de problèmes potentiels, de questions à régler. Par contre, lorsqu’on commence à en parler, lorsqu’on en discute, lorsqu’on échange avec quelqu’un à ce sujet, cette même situation semble soudain moins dramatique, les problèmes ne sont plus si insurmontables et les baudruches se dégonflent. Alors que le « voir » impressionne, la parole libère, soulage et montre les chemins possibles.
Une des leçons du récit de Jésus et de Pierre marchant sur la mer est celle-là. Ce qui sauve les disciples de la peur du fantôme qu’ils voient marcher vers eux et Pierre de l’eau dans laquelle il se voit s’enfoncer, c’est la parole. Parole prononcée de leur part, ce cri qui sort de leurs poitrines : « Sauve-nous ! » Et parole entendue, reçue, de la part de Jésus, qui apaise et qui remet dans la vie.
Alors, si pour nous aussi, il y a des situations dans notre vie dont la vue nous impressionne, nous écrase ou nous fait peur, n’hésitons pas. Crions vers le Seigneur, parlons-lui. Disons ce qui nous habite, nous fait peur, nous effraie et écoutons la parole que nous recevrons en retour. Car c’est toujours par une parole que Dieu vient nous rejoindre pour ouvrir dans notre vie des chemins nouveaux, comme pour Moïse, Samuel, Marie ou Pierre.
Quel que soit ce que nos yeux nous montrent et qui nous impressionne, ouvrons nos oreilles et mettons-nous à l’écoute de la parole que Dieu nous adresse. Le souffle d’une brise légère pourrait bien nous révéler sa présence et son passage libérateur. Amen.
Père Paul Malvaux sj
Communauté Notre-Dame de la Paix, Namur
La prière universelle de ce dimanche
Le célébrant : Nous prions ensemble aux intentions du monde, de l’Eglise et de notre communauté.
- Ô Seigneur notre Dieu, nous te prions pour ton Église embarquée dans ce monde plein de turbulences et de vents contraires, que sa foi l’amène à ne jamais douter et qu’elle soit toujours ce roc solide sur lequel s’appuie Ton peuple. Seigneur, nous te prions.
- Ô Seigneur notre Dieu, en union avec le Pape Léon, nous prions pour que, dans les grandes villes souvent marquées par l’anonymat et la solitude, nous puissions trouver de nouvelles façons de proclamer l’Évangile, en recherchant des moyens créatifs pour construire la communauté. Seigneur, nous te prions.
- Ô Seigneur notre Dieu, nous teconfions toutes les personnes seules et isolées : qu’une oreille attentive et qu’un cœur plein de tendresse viennent auprès d’elles. Que leur solitude soit irriguée par une source de vie et que cette foi les amène à ne jamais désespérer. Seigneur, nous te prions.
- Ô Seigneur notre Dieu, en ce jour où nous fêtons le jubilé sacerdotal de quatre compagnons jésuites, nous te prions pour notre communauté chrétienne, afin que Ta Parole et l’Eucharistie soient toujours plus, pour chacun d’entre nous, la nourriture intérieure qui nous fait vivre.
Seigneur nous te prions.
Le célébrant : Dieu de tendresse et de pitié, écoute nos prières et daigne les exaucer, et que l’humanité trouve en toi et en ta Bonne Nouvelle de quoi la rassasier.
Les trois premières intentions de la Prière Universelle
d’après le Réseau Mondial de Prière du Pape.
Un chant pour accompagner notre méditation
Si la mer se déchaine
Paroles et musique : Lydia Lelong
- Si la mer se déchaîne,
Si le vent souffle fort,
Si la barque t’entraîne
N’aie pas peur de la mort. (bis)
Il n’a pas dit que tu coulerais
Il n’a pas dit que tu sombrerais
Il a dit : « Allons de l’autre bord,
Allons de l’autre bord. » - Si ton cœur est en peine,
Si ton corps est souffrant
Crois en Jésus il t’aime,
Il te donne sa paix. (bis) - Si un jour sur ta route,
Tu rencontres le mal,
Ne sois pas dans le doute,
Dieu aime ses enfants. (bis)