Dimanche 20 septembre 2026

25ème dimanche du temps ordinaire

  • Isaïe 55, 6-9 : Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver.
  • Psaume 144 : Proche est le Seigneur de ceux qui l’invoquent.
  • Philippiens 1, 20c-24.27a : Pour moi, vivre c’est le Christ.
  • Matthieu 20, 1-16 : L’ouvrier de la dernière heure.

Lire les textes de la liturgie

Pour moi, vivre c’est le Christ !.

Les ouvriers à la vigne, Codex Aureus Epternacensis (Enluminure du XIème siècle),
Germanisches Nationalmuseum, Nuremberg (Allemagne)

Homélie

Frères et sœurs,

« Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver ; invoquez-le tant qu’il est proche » et plus loin « Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées au-dessus de vos pensées ».

Ces paroles du livre d’Isaïe que nous venons d’écouter peuvent nous décourager.

Dieu serait-il inaccessible, ou alors accessible de manière sporadique, comme certains services commerciaux ou administratifs que nous cherchons à contacter au téléphone ?

Si c’était le cas nous serions en flagrante contradiction avec ce que nous savons de Jésus-Christ, Fils de Dieu qui a pris chair de notre chair. Il est dit de lui qu’il est l’Emmanuel, c’est-à-dire Dieu avec nous.

Et comment comprendre ces paroles du livre du Deutéronome (ch 30) reprises par la lettre aux Romains qui nous disent : la parole n’est pas dans un ciel lointain, inaccessible ; elle est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur.

Qu’en est-il finalement ? Comment associer proximité et distance ? Dieu présent dans l’intime et Dieu toujours au-delà ? Y aurait-il des attitudes spirituelles qui éloignent de Dieu ?

Laissons la parabole de l’Evangile de Matthieu nous éclairer.

Dans une première relecture je vous propose de nous arrêter à la moitié du récit. C’est le moment où le maître du domaine sort pour la quatrième fois et embauche, une heure avant la clôture de la journée de travail, les ouvriers qui n’avaient trouvé personne pour leur donner du travail.

Si l’histoire devait s’arrêter là, je suppose que la plupart d’entre nous diraient que ce maître est un patron bien généreux et attentif : il veut que personne ne reste sur le bord du chemin, sans salaire, sans possibilité de nourrir correctement ses enfants. Là nous sommes parfaitement en harmonie avec Jésus.

Mais la parabole ne s’arrête pas à cette évidence. Cette première partie constitue simplement la mise en situation. La suite du récit dérange et cherche à déranger.

Pourquoi commencer par le salaire des derniers, si ce n’est pour provoquer la réaction des premiers, de ceux qui ont porté tout le poids du jour. Et la provocation marche ! Les voici, ces premiers, qui entrent dans la comparaison et récriminent : « Ceux-là, les derniers venus, qui n’ont fait qu’une heure, tu les traites à l’égal de nous qui avons enduré le poids du jour ». Le public de l’évangile de Matthieu, chrétiens d’origine juive essentiellement, comprenait vite la pointe de la parabole : « Nous qui avons parcouru tout un chemin dans l’observance parfois scrupuleuse de la Loi, nous avons du mal à accepter que les chrétiens originaires du paganisme reçoivent de Dieu le même accueil sans avoir à faire tout ce parcours; nous les pharisiens qui vivons notre démarche religieuse et morale avec sérieux, serions même précédés dans le Royaume par les publicains et les adultères. » Et on pourrait ajouter : « Ce que tu fais, maître-Dieu, n’est pas juste ».

Comparer et récriminer ! Voilà qui est bien humain, dès la petite enfance. Voilà aussi ce qui nous prive si souvent de la joie, de la reconnaissance pour les dons reçus. C’est Marthe qui jalouse Marie et se prive de la joie d’accueillir Jésus. C’est le frère aîné qui refuse la joie du Père pour le retour d’un frère « qui était mort et qui retrouve la vie ».

C’est alors qu’il nous est bon d’entendre Isaïe nous rappeler que nos chemins ne sont pas ceux de Dieu. Car Lui « fait lever son soleil sur les bons comme sur les méchants », comme nous le rappelle le sermon sur la montagne (Mt 5,45).

Lui, dans sa bonté, donne et se donne sans compter, et nous invite par Jésus à être « parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5,47): parfaits dans l’amour qui « prend patience… rend service… trouve sa joie dans ce qui est vrai… fait confiance en tout… espère tout… endure tout ». (1Co12,4-7)

Et qu’en est-il de nous aujourd’hui, quand nous vivons notre relation à Dieu en termes de mérite, de comparaison, au lieu d’entrer dans la gratuité absolue de Dieu.

Laissons-nous inspirer par l’apôtre Paul, l’apôtre de l’ouverture aux derniers venus, aux autres. C’est là le cœur de son expérience. Moi le dernier, le persécuteur, j’ai été rejoint sur ma route : « Il m’a aimé et s’est livré pour moi » (Gal 2,20). Et il n’y a plus que cela qui importe : c’est le point de départ fondamental de tout discernement.

Quand Paul, dans la Lettre aux Philippiens, nous dit que « vivre c’est le Christ », il nous invite à sortir de nos comparaisons et récriminations et à fixer notre regard sur le seul sauveur et à entrer ainsi dans la vraie joie. Et le discernement que fait Paul nous montre que cette attitude nous rend pleinement présents aux frères et sœurs, avec le regard éternel de Dieu qui me regardant et les regardant, jour après jour, « voit que cela est très bon » (Gn1) et s’engage pleinement à nos côtés.

Père Henri Aubert sj
Communauté Notre-Dame de la Paix, Namur

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La prière universelle de ce dimanche

Le célébrant : Après avoir entendu la Parole de Dieu, confions au Seigneur les intentions du monde, de l’Église et de notre communauté chrétienne.

R/ Sur la terre des hommes, fais briller, Seigneur, ton amour !

  1. Dieu de bonté, Tu as créé ce monde pour que nous puissions y vivre en paix et dans la joie.
    Nous te confions toutes les personnes qui œuvrent
    pour la sauvegarde de notre planète.
    Accordes-leur force et détermination dans leur mission, afin que chacun puisse s’épanouir dans cette maison commune.
  2. Dieu de justice, nous te prions, en ce mois de septembre,
    en communion avec le Réseau mondial de prière du Pape,
    pour une gestion juste et durable de l’eau, ressource vitale pour nous,
    afin que tous puissent y accéder de façon équitable.« 
  3. Dieu de Paix, Tu es venu pour apporter la Paix à tous.
    Notre monde est déchiré par la guerre, la violence,
    et les règlements de compte.
    Nous te confions tous ceux qui bâtissent la Paix
    par leurs paroles et leurs actions.
    Que chacun d’entre nous continue à être un signe authentique de ton Évangile, là où nous sommes.
  4. Dieu d’Amour, Chacun de nous a du prix à tes yeux.
    Tu nous as donné des dons précieux pour que nous les déployions.
    Nous te confions chacun d’entre nous ici présents,
    afin que nous puissions incarner cet Amour en accord avec les dons et charismes que tu nous as prodigués.

Le célébrant : Dieu qui sauves tous les hommes sans distinction et ne veux en perdre aucun, écoute la prière de ton Eglise et donne-lui la joie d’être exaucée.

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Un chant pour accompagner notre méditation

Souviens-toi de Jésus-Christ

Paroles et musique : Lucien Deiss

ANTIENNE
Souviens-toi de Jésus-Christ ressuscité d’entre les morts.
Il est notre salut, notre gloire éternelle.

  1. Si nous mourons avec lui
    Avec lui nous vivrons.
    Si nous souffrons avec lui
    Avec lui nous règnerons.
  2. En lui sont nos peines,
    En lui sont nos joies ;
    En lui l’espérance,
    En lui notre amour.
  3. En lui toute grâce ;
    En lui notre paix ;
    En lui notre gloire,
    En lui le salut.