
Dimanche 11 octobre 2026
28ème dimanche du temps ordinaire
- Isaïe 25, 6-10a : Le Seigneur préparera pour tous les peuples un festin de viandes grasses.
- Psaume 22 : J’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours.
- Philippiens 4, 12-14.19-20 : Je peux tout en celui qui me donne la force.
- Matthieu 22, 1-14 : Un roi qui célébra les noces de son fils.
Lire les textes de la liturgie
Tu nous as estimé dignes
de nous tenir devant toi
Les noces de Cana de Paul Véronèse (1563)
Musée du Louvre à Paris (Savoir+)
Homélie
Frères et sœurs,
Pour nous parler du Royaume des Cieux, Jésus ne nous présente pas un roi très sympathique. Non seulement il répond à la violence par la violence, mais que dire de ce pauvre homme qui n’a rien demandé, et qui finit jeté dans les ténèbres ? Avouons-le, si tel est le roi qui nous convie à sa noce, nous ne sommes pas certains de vouloir répondre à l’invitation.
Et pourtant, il vaut la peine de ne pas passer trop vite sur ces passages. Car c’est un thème qui revient à plusieurs reprises dans l’Evangile : l’accablement de Jésus devant la manière dont se dérobent ceux qu’il veut rejoindre. Qu’on pense ainsi à la parabole des talents, ou à la parabole des vignerons homicides de dimanche dernier. Comme si Jésus multipliait les images pour dire : « Vous êtes en train de dire non au don de Dieu. Et cet enfermement vous conduit à votre perte. Mais cela n’empêchera pas le don de Dieu de passer. »
La parabole d’aujourd’hui est peut-être la plus explicite dans ce sens. Telle que transmise par Matthieu, on peut y lire une allégorie de toute l’histoire du salut : les prophètes envoyés par Dieu, que le peuple refuse d’écouter ou met à mort ; la mise à mort du Christ lui-même ; la destruction du temple, qui a tant frappé les juifs et les chrétiens ; et cette ouverture de la promesse aux païens, qui fait suite au refus de la majorité du peuple hébreu de reconnaître le Christ.
La relation ou l’indifférence
Mais cette parabole ne fait pas que raconter une histoire passée. Et pour l’entendre, eh bien osons faire ce qui ne va pas de soi en entendant cette lecture : osons croire que l’invitation du roi est sans arrière-pensée. Osons entendre ces paroles d’Isaïe dans la première lecture :
« Le Seigneur de l’univers
préparera pour tous les peuples, sur sa montagne,
un festin de viandes grasses et de vins capiteux »
Et regardons l’attitude des invités. Dans Luc, ils s’excusent : « J’ai acheté un champ ». Dans l’évangile de Matthieu, c’est encore pire. Ils se dérobent sans un mot. Peut-on mieux dire l’indifférence ou le mépris ? Leur seule réponse, c’est la violence face aux envoyés. Mais toute relation est refusée. C’est même frappant : dans toute la parabole, il n’y a pas une parole prononcée en réponse à celles du roi.
Ainsi de cet homme à la fin du récit. Evidemment, on a du mal à lui en vouloir de ne pas se promener dans les rues en habit de fête… Mais la question posée, symboliquement, est la suivante : « Mon ami : es-tu vraiment là ? » Réponds-tu à l’invitation ?
Cette question n’est pas un piège. Mais elle ne rencontre chez cet homme que le silence, un refus de prendre position. Chacun de nous qui a eu l’expérience de se trouver dans une telle situation, face à un mutisme hostile, sait la colère que cela peut faire naître. Et la parabole laisse entendre à quel point cette indifférence vient blesser Dieu en profondeur.
Au fond, cet évangile est un appel de Dieu à trouver en face de lui des hommes et des femmes debout. Qui osent prendre position. Y compris, comme Job, comme tant de psaumes, pour dire leur colère ou leur incompréhension. On peut penser à cette phrase d’Elie Wiesel : « Le contraire de l’amour, ce n’est pas la haine. C’est l’indifférence. »
Qui est digne ?
Une autre manière de le dire est la suivante : qui est digne de participer au festin ? A première vue, personne. Qu’on pense aux paroles du roi : « Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. » Et sa réaction est de faire entrer tout le monde, les bons comme les méchants… autant dire que la dignité n’est pas le critère !
C’est que devant le don de Dieu, nous ne pouvons être dignes qu’après coup. Être digne du don, c’est oser le recevoir. C’est refuser l’indifférence.
C’est d’ailleurs ce que la liturgie peut nous aider à vivre. La seconde prière eucharistique comporte cette phrase : « Nous te rendons grâce, car tu nous as estimé dignes de nous tenir devant toi ». Mais juste avant la communion, nous semblons dire le contraire : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir ».
« Tu nous as estimés dignes » : osons être ces convives rassemblés depuis des places si diverses, et qui n’ont rien fait pour le mériter. Acceptons l’invitation.
Cela dit, il faut l’avouer, nous sommes souvent à moitié présents, parfois pas du tout. Et la question nous est alors posée : « Mon ami, comment es-tu entré ici ? »
Lorsque c’est le cas, ayons cette simplicité qui a fait défaut à l’homme de la parabole : de nous replacer devant Dieu. De dire où nous sommes, et de rouvrir l’espace de la relation. « Seigneur je ne suis pas digne… mais dis seulement une parole, et je serai guéri ».
Père Perrin Lefebvre sj
Communauté Notre-Dame de la Paix, Namur
La prière universelle de ce dimanche
Le célébrant : Nous prions maintenant aux intentions du monde, de l’Eglise et de notre communauté chrétienne.
- Seigneur, nous prions pour ton Église afin que dans notre monde qui se cherche et qui Te cherche, elle soit ce bâton qui guide et rassure sur le chemin de Ta gloire et du salut du monde. Seigneur, entends-nous.
- Seigneur, en ce jour où nous fêtons Saint-Jean XXIII, nous prions pour que les dirigeants du monde redécouvrent son héritage spirituel de bonté, d’unité et de paix. Seigneur, entends-nous.
- Seigneur, dans notre monde qui craint tellement la différence, nous prions avec le Pape Léon pour que la Pastorale de la santé mentale se développe dans toute l’Église et aide à surmonter la stigmatisation et la discrimination à l’égard des personnes atteintes de maladies mentales. Seigneur, entends-nous.
- Seigneur, nous te confions tous les peuples et tous nos frères et sœurs qui vivent l’enfer des conflits et de la guerre. Que leur espoir en Toi reste vif et ardent et qu’ils ne désespèrent pas de revivre en paix et d’être sauvés. Seigneur, entends-nous.
Le célébrant : Reçois, Seigneur, les intentions que nous venons d’exprimer, ainsi que celles que nous avons dans le cœur, nous te les présentons toi qui es vivant pour les siècles des siècles.
Prière Universelle du Réseau Mondial de Prière du Pape
François Perotto, diocèse de Rouen.
Un chant pour accompagner notre méditation
Venez approchons-nous de la table du Christ
Paroles et musique : A. Dumont
Venez approchons-nous de la table du Christ,
Il nous livre son corps et son sang.
Il se fait nourriture, pain de Vie éternelle,
Nous fait boire à la coupe des Noces de l’Agneau.
- La Sagesse de Dieu a préparé son vin,
Elle a dressé la table, elle invite les saints :
« Venez boire à la coupe ! Venez manger le pain !
Soyez la joie de Dieu, accourez au festin ! » - Par le pain et le vin reçus en communion,
Voici le sacrifice qui nous rend à la Vie.
Le sang de l’Alliance jaillit du cœur de Dieu,
Quand le Verbe fait chair s’offre à nous sur la croix. - Dieu est notre berger, nous ne manquons de rien,
Sur des prés d’herbe fraîche, il nous fait reposer
Il restaure notre âme, il nous garde du mal,
Quand il dresse pour nous la table du Salut. - Réjouis-toi, Sion ! Chante Jérusalem !
Reçois le sacrifice qui te donne la paix !
Dieu te comble de grâce, il vient te visiter,
Afin de rassembler tes enfants dispersés.