Dimanche 18 octobre 2026

29ème dimanche du temps ordinaire

  • Isaïe 45, 1.4-6 : Je t’ai appelé par ton nom.
  • Psaume 95 : Rendez au Seigneur la gloire et la puissance.
  • 1 Thessaloniciens 1, 1-5b : Nous rendons grâce au sujet de vous tous.
  • Matthieu 22, 15-21 : Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.

Lire les textes de la liturgie

L’effigie de Dieu

Homélie

Frères et sœurs,

Frères et sœurs,

« Rendez à César ce qui est à César ». Nous connaissons tous cette locution proverbiale. On l’utilise pour dire qu’il convient de rendre à chacun la part qui lui revient.

Et quand on y joint la suite : « Et à Dieu ce qui est à Dieu », on oppose deux domaines, le profane et le religieux ou, comme on le dit souvent, le temporel et le spirituel. On en fait deux domaines séparés, bien étanches avec ses règles propres.

Nous venons de lire la page de saint Matthieu qui rapporte ces paroles. Nous constatons qu’elles sont situées dans un contexte précis : celui d’un échange de propos entre Jésus et quelques pharisiens. Au cours de cet entretien, deux mondes vont s’opposer. Le monde du don et le monde de la prédation. Donner, d’un côté. Prendre, de l’autre.

Pour l’observer, il faut nous rendre attentifs aux mots utilisés dans le texte : c’est dans leurs détails que se cache le sens qui est livré.

D’abord, le texte décrit minutieusement le piège tendu à Jésus. Il relate le discours faussement flatteur qui lui est adressé : « Maître, toi qui dis vrai… , toi qui enseignes le chemin de Dieu, donne-nous ton avis ». Alors, saint Matthieu montre comment la souricière doit se refermer sur Jésus : les pharisiens le somme de leur répondre par oui ou par non à leur question : faut-il donner l’impôt à César ? Si Jésus dit oui, c’est un collaborateur. S’il dit non, c’est un rebelle. Dans un cas comme dans l’autre, il sera condamné.

Ici, se dessine sous nos yeux le monde de la prédation et de la domination : on peut y piéger autrui, le capturer et, finalement le soumettre à son propre pouvoir. C’est la logique d’un régime d’oppression. Cette logique-là traverse tout le récit aussi bien dans le comportement des pharisiens que dans l’objet de leur question, l’impôt pour l’occupant, César.

Par sa réponse, Jésus non seulement dénonce ce régime totalitaire mais il énonce, à l’opposé, sa propre conception des relations entre les hommes : le monde du don.

Ce renversement se lit dans le renversement des mots. Ecoutons les pharisiens. Ils disent : « Faut-il donner l’impôt à César ? » La formulation est étrange. Elle est inappropriée. Est-ce faire un don que de payer au dictateur la somme qu’il réclame, plus précisément, qu’il « impose »  ?

Avant de répondre, Jésus se livre à une mise en scène. « Montrez-moi la monnaie de l’impôt », dit-il.  Il fait venir au grand jour la pièce d’un denier réclamée à chacun par le dictateur romain. Le but est clair. Il s’agit de rendre César présent symboliquement au milieu d’eux. Jésus le leur fait dire. « De qui est cette image ? Et cette inscription ? » Jésus insiste sur ce qui est écrit, le nom et sur ce qui est représenté, le personnage. Ils disent : c’est César. Le nom de la personne est là. Son effigie est gravée dans une parcelle d’argent. On ne peut que l’admettre, la pièce représente César et, d’une certaine manière, la pièce est César.

Or, rappelons-nous, les pharisiens avaient dit : « donner » l’impôt à César. Jésus rétablit la réalité des faits. Il utilise un autre verbe porteur d’une idée de « retour ».  Et tous les dictionnaires le disent, ce verbe se traduit, selon le contexte, soit par « rendre », soit par « renvoyer ». On dit rendre quand il s’agit de répondre à un don reçu. Pourrait-on dire qu’il faut rendre à César ce qu’il a donné ? Evidemment non. Par contre, peut-on dire qu’il s’agit de renvoyer à César le signe même de ce qu’il impose ? La réponse est oui.

La phrase de Jésus, traduite au plus près de chacun de ses mots est la suivante : « Renvoyez à César ce qui vient de César ». Or César est là. Par son image, par son nom, par sa monnaie. Renvoyez-lui sa monnaie, dit Jésus.  « Renvoyez César ». Autrement dit : renvoyez toute forme d’oppression.

Non, Jésus ne sépare pas le politique et le religieux. Saint Matthieu nous montre Jésus combattant la logique de l’oppression, celle de César comme celle des pharisiens.

Jésus poursuit : « Et à Dieu ce qui vient de Dieu ». Le parallèle avec César est presque parfait mais il manque le verbe. Nous comprenons pourquoi. Tout ce qui vient de Dieu est dons. Dons gratuits. Pour lesquels on rend grâce

Il y a la logique d’un monde à l’image de César et des pharisiens. Jésus la renverse et fait place à la logique d’un monde à l’image de Dieu.

Dieu ne prend pas la vie. Il donne la vie. Dieu n’opprime pas. Dieu relève. Dieu ne piège jamais. Il rend libre, toujours. La logique de Dieu est la logique du don.

Il y a l’effigie de César imprimée sur les instruments de sa répression.

Il y a l’effigie de Dieu gravée en nous.

Nous sommes créés à l’image de Dieu. Nous pouvons lire dans le visage de Jésus l’idéal auquel cette effigie nous appelle. Par sa vie terrestre, Jésus nous montre comment rendre grâce à Dieu.

Frères et sœurs, les êtres humains peinent à se comporter selon l’effigie de Dieu inscrite en leur cœur. Toutes nos organisations sociales, politiques ou économiques oscillent entre deux pôles, la capture et le don, l’atteinte à la vie et la promotion de la vie. Il y a des pharisiens et des César dans le monde.

Saint Matthieu nous enseigne que chaque fois que nous les renvoyons et chaque fois que nous libérons les opprimés, nous faisons honneur à la gravure scellée au plus profond de nous-mêmes : l’effigie de Dieu.

Père Jean-Paul Laurent sj
Communauté Notre-Dame de la Paix, Namur

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La prière universelle de ce dimanche

Le célébrant : Frères et sœurs, en célébrant le Dimanche mondial des Missions et en rendant grâce à Dieu pour la mission de l’Église dans le monde, prions notre Père afin que tous les chrétiens soient un dans le Christ et unis dans la mission de l’amour et de l’annonce de l’Évangile.

Refrain : Seigneur, écoute-nous !

  1. Prions pour la Sainte Église :
    que, guidée par l’Esprit Saint, elle grandisse toujours davantage dans l’unité et annonce avec courage l’Évangile du Christ à toutes les nations.
    Et prions pour les communautés chrétiennes du monde entier :
    qu’elles soient un signe de réconciliation, de fraternité et de paix pour l’humanité, afin que le monde croie au Christ.
  2. Prions pour les jeunes :
    que le Seigneur éveille dans leur cœur la générosité et le courage de répondre à l’appel missionnaire pour servir l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre.
  3. Prions pour ceux qui souffrent à cause de la guerre, de la pauvreté, de la persécution et de la solitude :
    que, grâce à la proximité des chrétiens et aux œuvres de charité,
    ils fassent l’expérience de la consolation et de l’espérance de Dieu.
  4. Prions pour nous tous, rassemblés autour de la table du Seigneur :
    que nous soyons des témoins vivants de l’Évangile, missionnaires dans nos familles, nos communautés et notre vie quotidienne.

Le célébrant : Dieu Notre Père, Tu as appelé ton Église à être signe d’unité et de salut pour toutes les nations. Exauce nos prières et aide-nous à demeurer unis dans le Christ et à être des témoins fidèles de l’Évangile dans le monde. Par le Christ, Notre Seigneur.

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Un chant pour accompagner notre méditation

En mémoire du Seigneur

Auteur : Didier Rimaud – Compositeur : Joseph Gelineau

Pour un monde nouveau,
Pour un monde d´amour.
Et que viennent les jours
De justice et de paix !

  1. En mémoire du Seigneur
    Qui nous a rompu le pain,
    En mémoire du Seigneur,
    Nous serons le pain rompu.
  2. En mémoire du Seigneur
    Qui nous a donné son sang,
    En mémoire du Seigneur,
    Nous serons le sang versé
  3. En mémoire du Seigneur
    Qui a fait de nous son corps,
    En mémoire du Seigneur
    Nous serons son corps livré
  4. En mémoire du Seigneur,
    Tout le pain soit partagé !
    En mémoire du Seigneur,
    Tous les pauvres soient comblés !