Dimanche 10 mars 2024

Quatrième dimanche de Carême (B)

Lectures

  • 2 Chroniques 36, 14…23 : La colère et la miséricorde du Seigneur
  • Psaume 136 : Souviens-toi de ton amour…
  • Ephésiens 2, 4-10 : C’est bien par grâce que vous êtes sauvés.
  • Jean 3, 14-21 : Celui qui fait la vérité vient à la lumière.

Lire les textes de la liturgie

Celui qui fait la vérité vient à la lumière

Croix de la Passion
Chapelle Saint Simon, Queyras (France)

 

 

Homélie

Jésus parle à Nicodème, un chef des juifs, qui ne comprend pas. Dans la nuit, il est venu, en secret, demander à Jésus pourquoi lui Jésus fait tout cela, son enseignement et ses miracles… Il veut comprendre…Jésus lui rappelle la grande histoire de la libération d’Egypte. Dans le désert, alors qu’ils étaient en route vers la Terre Promise, vers leur libération, les hébreux furent menacés par des serpents qui les mordaient et les faisaient mourir. Dieu demanda à Moïse d’élever sur un poteau un serpent de bronze et, quand ils étaient mordus, il suffisait qu’ils regardent le serpent de bronze pour être guéris. Et bien Jésus annonce solennellement à Nicodème ce pour quoi il est venu, lui le Fils de l’Homme : un jour il sera élevé, comme ce serpent de bronze, et alors le salut sera possible pour tout homme qui croira.

Élevé ? Il s’agit bien sûr de la croix. Et en plus Jésus précise : il faut que le Fils de l’homme soit élevé, comme il dira plus tard aux disciples d’Emmaüs : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela, la passion et la mort sur la Croix ? » (Lc 24, 23) Ne fallait-il pas ? Comme si, pour sauver le genre humain, il n’y avait pas d’autre issue que la mort la plus ignominieuse qui soit, un supplice que l’on réservait aux seuls brigands, ceux qui seront crucifiés à droite et à gauche de Jésus (Lc 23, 33). Comme si pour sauver le monde il fallait que Dieu meurt sur une croix !

Eh bien oui, il s’agit bien d’être élevé, mais pas seulement sur la croix, élevé dans le ciel auprès du Père, au-dessus de tout. Lorsqu’il sera mort sur la croix, Jésus ressuscitera et reviendra à son père, « il sera élevé ». Alors il se révèlera comme le Fils de Dieu, non plus seulement le Fils de l’Homme mais le Fils de Dieu, Dieu de miséricorde qui ne peut que donner la vie, parce qu’il aime tout homme en ce monde. Ainsi, lorsque Jésus aura traversé la mort pour la vie, alors tout homme qui croira sera sauvé, tout homme qui croira que Jésus lui donne la vie au-delà de la mort.

* * *

Jésus annonce à Nicodème une autre certitude, la même qui nous a été rappelée dès la première lecture. Dieu ne vient pas juger le monde, encore moins le condamner, comme nous pourrions l’imaginer en entendant le chroniqueur parler de la colère de Dieu. Non, Dieu en Jésus vient sauver le monde, comme au temps des Chroniques : au bout d’un long temps de patience, 70 ans ! Dieu rétablira son peuple détruit et exilé à cause de son péché, il le rétablira à Jérusalem dans toute sa splendeur. Et la lettre de Paul aux Éphésiens confirme cette espérance.

Aujourd’hui, en ce temps de carême où nous sommes en route vers Pâques, vers la résurrection et la vie, il est bon de nous rappeler, de nous mettre au cœur ces trois certitudes que nous pouvons tirer de la Parole de Dieu que nous venons d’entendre.

  • La première certitude c’est que Dieu nous aime et nous veut heureux et vivants.
  • La seconde c’est que l’homme est invité à croire en Dieu, c’est-à-dire à faire le choix de la lumière et de la vie, même si nous sommes menacés de toute part par la souffrance, le péché et les ténèbres, même si nous sommes nous-mêmes sur la croix comme les deux brigands à gauche et à droite du Christ.
  • La troisième certitude est que cette foi au Christ, Fils de Dieu et sauveur des hommes, nous donnera d’agir dans la lumière et de pratiquer les commandements de Dieu, les œuvres de Dieu. Formidable espérance dans ce monde où nous sommes régulièrement tentés de désespérer. Nos propres œuvres, si elles sont de lumière, seront des œuvres de Dieu. Formidable espérance pour nous qui voulons « nous engager dans ce monde ! »

* * *

Et maintenant, je vous invite dans le silence de votre cœur à regarder le Christ en croix, contemplons le Christ qui souffre pour chacun d’entre nous, le Christ élevé dans la gloire du Père et demandons-lui de comprendre au plus profond de notre cœur, ce qu’il est venu faire ainsi suspendu sur la croix, dans la détresse et le mépris des hommes. Qu’il nous éclaire… Et puis nous pouvons lui dire : Seigneur, que vais-je faire maintenant ? quand je te regarde, quand je considère la grandeur de ton amour et de ta miséricorde, donne-moi de comprendre et de choisir la lumière, de faire tes œuvres de lumière…

Père Henri Aubert sj

Communauté Notre-Dame de la Paix, Namur

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Un chant pour accompagner notre méditation

Lumière pour l’homme aujourd’hui

Texte et musique : Didier Rimaud/CNPL

  1. Lumière pour l’Homme aujourd’hui
    Qui viens depuis que sur la terre
    Il est un pauvre qui t’espère,
    Atteins jusqu’à l’aveugle en moi :
    Touche mes yeux afin qu’ils voient
    De quel amour Tu me poursuis.
    Comment savoir d’où vient le jour,
    Si je ne reconnais ma nuit ?

  2. Parole de Dieu dans ma chair
    Qui dis le monde et son histoire
    Afin que l’Homme puisse croire,
    Suscite une réponse en moi :
    Ouvre ma bouche à cette voix
    Qui retentit dans le désert.
    Comment savoir quel mot tu dis
    Si je ne tiens mon cœur ouvert ?

  3. Semence éternelle en mon corps
    Vivante en moi plus que moi-même
    Depuis le temps de mon baptême,
    Féconde mes terrains nouveaux :
    Germe dans l’ombre de mes os
    Car je ne suis que cendre encore.
    Comment savoir quelle est ta vie,
    Si je n’accepte pas ma mort ?