
Dimanche 15 mars 2026
Quatrième dimanche de Carême
- Samuel 16, 1b.6-7.10-13 : L’Esprit du Seigneur s’empara de David.
- Psaume 22 : Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer.
- Ephésiens 5, 8-14 : Conduisez-vous comme des enfants de lumière.
- Jean 9, 1-41 : L’aveugle-né.
Lire les textes de la liturgie
Je vois… Je crois, Seigneur !
L’aveugle-né
Image de KT42 utilisée pour l’animation
des enfants à la messe de 10h30 (voir le site)
Homélie
Frères et sœurs,
A la sortie du temple de Jérusalem, un homme est là mendiant, il tend les mains vers ceux qui passent, habitués à le voir quémander, il attend quelque chose de la bonté des passants. Il ne sait pas encore que quelqu’un va passer qui lui donnera ce qu’il n’ose pas demander, qu’il ne peut pas demander :
la vue, c’est en effet impossible puisqu’il est aveugle de naissance.
Avec la vue, le mendiant va recevoir le salut. Ses yeux de chair sont guéris mais il faudra le temps de ce long récit pour que les ténèbres de son cœur soient dissipés. Cet homme vient peu à peu à la lumière. C’est un merveilleux récit car tout se passe sans qu’il ne s’en rende compte en son cœur : comme dans la parabole de St Marc, la graine du salut germe toute seule (Marc 4, 26-29) et c’est au bout du chemin seulement que l’aveugle reconnaît la lumière, celui qui l’a sauvé : « Je crois Seigneur ! »
Au début du récit, tout est ténèbre, cet homme est aveugle de naissance, aveugle depuis son origine. Mais les disciples sont aveugles eux aussi, à leur manière, ils ne comprennent rien : ils demande « qui a péché ? » On ne sait pas… La ténèbre remplit ainsi tout Jérusalem. Et l’on peut lire à travers les lignes qu’il s’agit du péché de tout être humain qui vient en ce monde. Jésus le dit lui-même : il est venu en ce monde pour que ceux qui ne voient pas puissent voir !
Il y a les pharisiens : ils sont sûrs d’être les vrais adorateurs de Dieu, ils ont la loi de Moïse. Ils respectent le sabbat mais ils ne comprennent pas que le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat. Ils sont intransigeants parce qu’ils ne veulent pas se reconnaître pécheurs, dépendants d’un autre comme le mendiant du temple. C’est pourquoi ils ne veulent pas, ils ne peuvent pas voir en Jésus le Messie. Volonté de garder le pouvoir, volonté qui les conduit à exclure de la synagogue ceux qui ne les suivent pas… Leur aveuglement est beaucoup plus grave que celui de l’aveugle né, car en refusant d’être aveugles ils refusent d’être sauvés : « Nous voyons », disent-ils !. C’est pourquoi leur péché demeure, dit Jésus. Ils ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas.
Ne sommes-nous pas de temps comme ces pharisiens ?
De l’autre côté, il y a le mendiant. Ce mendiant est une parabole vivante. Les disciples de Jésus qui assistent à la scène, sont aveugles eux-aussi, sans le savoir. Ne le sommes-nous pas comme eux, comme lui, ne comprenant rien de ce qui nous arrive.
Le mendiant au début du récit accepte d’être mendiant, de ne pas tout avoir, de ne pas tout posséder. Tout simplement, il se tourne vers ses frères, ceux qui sont autour de lui, pour recevoir d’eux ce qu’il n’a pas, le nécessaire pour vivre. Et par ce geste d’abandon, de dépouillement, il découvre en Jésus, le Christ, celui qui devient son unique nécessaire. Quand il est guéri, sans savoir comment, il reconnaît d’abord que Jésus est un prophète, puisque cet homme qui l’a guéri vient nécessairement de Dieu, et puis il découvre qu’il est le Fils de l’Homme, c’est-à-dire le Messie, celui qui vient sauver son peuple.
L’aveugle guéri est convoqué deux fois au tribunal des pharisiens… Il subit le même sort que Jésus. Il est exclu de la synagogue par les Juifs ! Le récit est en quelque sorte une préfiguration de la Passion de Jésus, Passion de tout homme qui se tourne vers la lumière. Croire au Christ c’est entrer dans la lumière mais c’est aussi accepter que notre histoire soit un combat. Le péché, le mal, nous menacera toujours mais nous avons la certitude, si nous le désirons du fond de notre cœur, si nous acceptons de rester dans l’attitude du mendiant, que la lumière aura le dernier mot.
Aujourd’hui, nous allons donner le sacrement des malades à quelques-uns, quelques-unes d’entre nous. La maladie, la vieillesse avec toutes ses fragilités, la fatigue du corps comme de l’âme…
Comme l’aveugle sur le bord de la route, vous êtes dépendants de ceux qui vous entourent, les proches, les soignants, il vous arrive d’être seuls dans votre épreuve… Ce n’est pas un péché, c’est une détresse… Aujourd’hui, nous sommes rassemblés avec vous, nous faisons corps avec vous, les malades comme les valides. En présentant votre front, en tendant vos mains au prêtre qui vous fera une onction, vous remettez à Dieu tout votre être souffrant dans l’humble confiance qu’il vous sauve, qu’il vous mène à la lumière, quoiqu’il arrive, parce qu’il est la Lumière, Le Chemin et La Vie.
Oui tendons vers le Christ nos mains pour qu’il ouvre nos yeux à la lumière, qu’il guérisse nos maladies, si cela est possible, s’il le veut bien, en tout cas qu’il nous libère de nos aveuglements. Dès maintenant, au cœur même de nos détresses, nous pouvons être dans la joie, nous pouvons lui rendre grâce car il est là, toujours !
« Je crois, Seigneur ! »
Père Henri Aubert sj
Communauté Notre-Dame de la Paix Namur
La prière universelle de ce dimanche
Le célébrant : Aujourd’hui, après avoir écouté et médité l’évangile de l’aveugle-né, nous nous adressons au Christ en lui confiant les intentions du monde, de l’Eglise et de notre communauté chrétienne.
Refrain : Jésus, sauveur du monde, écoute et prends pitié.
- Ô Christ, toi qui as permis à l’aveugle-né de retrouver une place dans la société, nous te prions avec le Pape Léon pour que les nations s’engagent dans un désarmement effectif, en particulier le désarmement nucléaire, et que les dirigeants du monde choisissent le chemin du dialogue et de la diplomatie et non celui de la violence. Ensemble, nous te prions.
- Ô Christ, toi qui as guéri l’aveugle-né, nous te prions pour les malades et les fatigués de la vie, en particulier ceux qui reçoivent aujourd’hui l’onction du sacrement, dans notre Chapelle,
donne-leur toujours plus les yeux du cœur et la foi,
pour goûter la joie de la vie, au milieu même de leurs épreuves.
Ensemble, nous te prions. - Ô Christ, en lisant l’évangile de Jean, nous avons rencontré les parents de l’aveugle-né qui l’ont accompagné jusqu’à ce jour où tu l’as guéri,
nous te prions pour les parents du monde,
en particulier ceux de notre communauté, en ce jour des familles,
qu’ils sachent apprendre à leurs enfants à vivre et à aimer selon l’Evangile d’amour que tu nous as donné.
Ensemble, nous te prions. - Ô Christ, nous te prions pour notre communauté chrétienne,
ouvre nos yeux à la lumière, libère-nous de nos aveuglements.
Dès maintenant, au cœur même de nos détresses,
donne-nous la joie que tu nous as promise.
Ensemble, nous te prions.
Le célébrant : Seigneur Jésus, écoute les prières que nous venons d’exprimer, exauce-les, toi qui es vivant pour les siècles des siècles.
Un chant pour accompagner notre méditation
Lumière pour l’homme aujourd’hui
Texte et musique : Didier Rimaud/CNPL
- Lumière pour l’Homme aujourd’hui
Qui viens depuis que sur la terre
Il est un pauvre qui t’espère,
Atteins jusqu’à l’aveugle en moi :
Touche mes yeux afin qu’ils voient
De quel amour Tu me poursuis.
Comment savoir d’où vient le jour,
Si je ne reconnais ma nuit ? - Parole de Dieu dans ma chair
Qui dis le monde et son histoire
Afin que l’Homme puisse croire,
Suscite une réponse en moi :
Ouvre ma bouche à cette voix
Qui retentit dans le désert.
Comment savoir quel mot tu dis
Si je ne tiens mon cœur ouvert ? - Semence éternelle en mon corps
Vivante en moi plus que moi-même
Depuis le temps de mon baptême,
Féconde mes terrains nouveaux :
Germe dans l’ombre de mes os
Car je ne suis que cendre encore.
Comment savoir quelle est ta vie,
Si je n’accepte pas ma mort ?