
Dimanche 22 mars 2026
Cinquième dimanche de Carême
- Ezéchiel 37, 12-14 : Je vais ouvrir vos tombeaux.
- Psaume 129 : Près du Seigneur est l’amour, près de lui abonde le rachat.
- Romains 8, 8-11 : L’Esprit de Dieu habite en vous.
- Jean 11, 1-45 : La résurrection de Lazare.
Lire les textes de la liturgie
Comme un veilleur attend l’aurore
La résurrection de Lazare
Image de KT42 utilisée pour l’animation
des enfants à la messe de 10h30 (voir le site)
Homélie
Frères et sœurs,
Le ton des lectures que nous propose la liturgie du 5è dimanche de carême, nous indique que nous nous approchons du dimanche des Rameaux qui marquera l’entrée dans la semaine sainte.
L’extrait du livre d’Ezéchiel ponctue la grande fresque des ossements desséchés. Le prophète y était invité à parcourir en long et en large, dans une longue contemplation, cette vallée remplie d’ossements, un monde au goût de mort, et d’une mort largement entérinée. Les images de l’actualité peuvent nous faire sentir ce que pouvait éprouver Ezechiel. Images de désertification en Afrique, en Amazonie ; images de famine ; images de violence insensée, de destructions massives ; images de Gaza qui n’est plus qu’un amas informe de gravats dans lequel erre un peuple victime de génocide .
Et c’est là, dans la profondeur du désespoir que Dieu prend la parole, que Dieu met sa parole d’espérance dans la bouche du prophète : « Je vais ouvrir vos tombeaux, et je vous en ferai remonter, ô mon peuple ». Et voilà que du néant les os s’assemblent, se couvrent de chair, qu’un peuple se dresse et reçoit le souffle qui fait vivre, le souffle de l’Esprit : « Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez ; je vous donnerai le repos sur votre terre ». Parole d’espérance, parole aussi qui nous met au défi de dénoncer les injustices.
L’évangile qui raconte le retour à la vie de Lazare, l’ami de Jésus, combine lui aussi l’expérience de la mort et l’espérance de la vie.
Tout d’abord, constatons que la mise en scène peut nous bousculer.
Pourquoi Jésus, l’ami de Marthe, Marie et Lazare, ne s’est-il pas pressé d’être auprès de ses amis en détresse : « Si tu avais été là, dit Marthe, mon frère ne serait pas mort ». Mais Jésus n’est pas une digue qui empêcherait les flots de la mort de nous atteindre, ou de l’atteindre lui-même. Il est la « résurrection et la vie ». Ce qui est bien autre chose.
Pour nous le faire comprendre, Jean l’évangéliste, est très précis dans la mise en scène.
Il multiplie les indices qui nous font intégrer que Lazare est bel et bien mort : la pierre scellée du tombeau ; les mains et pieds liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire ; et puis Marthe qui dit à Jésus : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là ! »
Ensuite Jésus lui-même nous est montré dans sa confrontation avec la mort : « saisi d’émotion », « bouleversé », pleurant devant le tombeau fermé. Il est pleinement présent, pleinement humain, comme nous le sommes lors des deuils que nous vivons. Il partage jusqu’au bout notre condition humaine, celle à laquelle nous voudrions parfois qu’il nous fasse échapper.
Mais le récit ne s’arrête pas devant la mort, devant la tombe scellée. Jésus est celui qui traverse la mort. Il y a ici un pas à faire, un passage, une conversion.
« Crois-tu, demande Jésus à Marthe, crois-tu que je suis la résurrection et la vie, et que celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ? »
Croyons-nous en cet appel, ce cri du ressuscité : « Lazare, viens dehors » ; peuple de Dieu remonte de tes tombeaux ! Y croyons-nous jusqu’à délier nos frères et sœurs des bandelettes de toutes sortes qui les enferment dans l’injustice et la mort, pour les laisser aller ?
Y croire, c’est vivre sous l’emprise de l’Esprit comme nous y invite la lettre aux Romains ? Et quels sont alors les signes que nous vivons bien de cet Esprit. La lettre aux Galates nous les énumère : amour, joie, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi. Voilà une belle grille de lecture pour revisiter nos journées.
Dieu de la vie, des profondeurs de notre humanité blessée, nous crions vers Toi, écoute notre appel. Nous t’espérons de toute notre âme, nous attendons et accueillons ta parole de vie avec l’inébranlable confiance du « veilleur qui attend l’aurore ».
Père Bernard Peeters sj
Communauté Notre-Dame de la Paix Namur
La prière universelle de ce dimanche
Le célébrant : Aujourd’hui, après avoir écouté et médité l’évangile de la résurrection de Lazare, nous nous adressons au Christ en lui confiant les intentions du monde, de l’Eglise et de notre communauté chrétienne.
Refrain : Jésus, sauveur du monde, écoute et prends pitié.
- Avec ce dernier miracle qu’accomplit Jésus avant sa Passion,
se révèlent déjà les prémices de sa mort et sa résurrection ;
Que notre Église, nos communautés et chacun d’entre nous cheminent vers la lumière de Pâques.
Jésus, fils de Dieu, nous t’en prions. - Jésus pleure. Portons dans nos prières tous celles et ceux qui souffrent, dans leur corps, leur cœur, leur âme et leur esprit, ainsi que toutes celles et ceux qui sont en deuil. Offrons à chacun un espace sacré où la douleur rencontre la compassion et où l’Espérance peut renaître des épreuves.
Christ Sauveur, nous t’en prions : - Alors que le monde s’embrase, avec ces nombreux conflits internationaux, prions ardemment pour que les nations s’engagent dans un désarmement effectif, en particulier le désarmement nucléaire, et que les dirigeants du monde choisissent le chemin du dialogue
et de la diplomatie et non celui de la violence.
Jésus, fils de Dieu, nous t’en prions. - Lazare signifie « Dieu aide ». Quand la mort peut devenir pour chacun une solution et un choix légal, choisissons d’accompagner dans la Foi, l’espérance et la charité, les malades et les mourants.
Toi qui es la résurrection et la vie, Seigneur, nous t’en prions.
Le célébrant : Seigneur Jésus, écoute les prières que nous venons d’exprimer, exauce-les, toi qui es vivant pour les siècles des siècles.
Prière Universelle écrite par Anne-Laure (Les Jardiniers de Dieu)
Un chant pour accompagner notre méditation
Ne craignez pas
Scouarnec/Tossou/ADF-Musique
- Vous qui ployez sous le fardeau,
Vous qui cherchez le vrai repos,
Refrain
Ne craignez pas pour votre corps,
Ne craignez pas devant la mort,
Levez les yeux vers le seigneur,
Criez vers lui sans perdre coeur.
- Vous qui tombez sur le chemin,
Le coeur blessé par le chagrin,
Ne craignez pas… - Vous qui pleurez dans vos prisons,
Vous qui fuyez votre maison,
Ne craignez pas… - Vous que la haine a déchirés,
Vous que les hommes ont crucifiés,
Ne craignez pas…