Dimanche 31 mai 2026

La Trinité

  • Exode 34, 4b-6.8-9 : Le Seigneur, Dieu tendre et miséridordieux…
  • Cantique, Daniel 3 : À toi, louange et gloire éternellement.
  • 2 Corinthiens 13, 11-13 : Soyez dans la joie…
  • Jean 3, 16-18 : Dieu a tellement aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique.

Lire les textes de la liturgie

Daigne marcher au milieu de nous.

Icône de la Trinité
Andrei Roublev (15ème siècle)
Laure de la Trinité St-Serge

Homélie

Frères et sœurs,

Il y a quelques années, au cours d’une rencontre de jésuites en formation en Grande-Bretagne, on nous avait envoyé, par petits groupes, interroger les gens rencontrés dans la rue : « Où trouvez-vous la présence de Dieu ? »

Les réponses furent nombreuses. Je ne me souviens plus de toutes, mais parmi celles qui revenaient : « dans la nature » ; « dans mon cœur » ; « à l’église » ; « quand je prie » ; « dans les gens que j’aime ». Parfois aussi, mais assez rarement, « je ne crois pas en Dieu ».

Et puis nous sommes passés devant un centre culturel musulman. Nous nous y sommes aventurés, et avons été très gentiment reçus par l’imam qui en était le responsable. Au cours de la conversation, nous lui avons posé la même question : « Où trouvez-vous la présence de Dieu ? » Sa réponse fut très claire : notre question n’avait aucun sens. Dieu est transcendant, il est au-delà de toute chose. Vouloir le rendre présent dans notre monde, c’est nier sa divinité.

Je ne suis pas sûr que notre conversation ait beaucoup rassuré notre hôte quant au contenu du christianisme. Mais elle m’a aidé à mieux comprendre ce que nous disons quand nous affirmons que Dieu est Trinité. Et que l’on pourrait résumer ainsi : le fait que Dieu, sans cesser d’être Dieu, peut se donner soi-même à nous. Celui qui est au-delà du monde peut aussi être celui qui vient nous rejoindre dans le monde.

Ce mystère, nous l’entendons dans les lectures d’aujourd’hui. Le Psaume le chante : Dieu siège dans le ciel, au-dessus des anges, au-delà du monde créé. Mais c’est aussi à ce Dieu que Moïse ose adresser ces paroles : « Daigne marcher au milieu de nous ». « Malgré nos refus, nos fautes, accompagne-nous, sois présent à nos côtés. »

C’est aussi celui dont parle le Christ dans l’évangile de Jean. « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. »

Si on prend ce texte au sérieux, le Christ n’est évidemment pas le Père. Il est l’envoyé. Mais la réponse que nous donnons au Christ et celle que nous donnons à Dieu sont une seule et même réponse. « Celui qui croit en lui échappe au jugement ; celui qui ne croit pas en lui est déjà jugé. »

Il ne s’agit pas d’une décision arbitraire de Dieu, qui aurait choisi comme critère la foi au Christ, comme il aurait pu en choisir un autre. Non, mais cela signifie que qui ose croire au Christ ose du même coup croire au véritable visage de Dieu, ose entrer dans la vie de Dieu – la vie éternelle.

Dit autrement, il faut que cet homme Jésus soit tellement intimement lié à Dieu que lui dire oui et dire oui à Dieu, ce soit la même chose. Il faut qu’il soit celui en qui la demande de Moïse ait trouvé sa réponse définitive : « daigne marcher au milieu de nous ».

On voit à quel point la foi en la Trinité n’est pas une invention théorique de l’Église. Elle a eu besoin de formules parfois abstraites pour se préciser. Mais elle était déjà présente dans l’intuition du peuple juif. Elle est derrière tout ce que nous disons de Jésus. Elle est aussi, pourrait-on dire, derrière chacune de nos grandes expériences de Dieu.

Parce que cet imam dont j’ai parlé au début avait raison. Si Dieu est ce Dieu solitaire, extérieur au monde, alors rien dans le monde ne peut être associé à lui. Dieu peut envoyer des messagers. Il peut nous faire connaître sa volonté. Mais il ne peut pas marcher avec nous. Il ne peut pas non plus être celui dont nous pouvons deviner la présence, au cœur de la création, dans le visage du Christ, dans l’intimité de notre cœur, dans nos relations avec les autres.

À l’inverse, dire que Dieu est Trinité, c’est aussi dire qu’il n’est pas seulement le Juge au-dessus du monde qui attend le dernier jour pour rendre son jugement. Il est celui qui veut que nous vivions dès aujourd’hui de sa vie. Et cela passe par des chemins très concrets, que nous rappelle saint Paul : « Vivez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous. »

Voilà peut-être l’invitation de cette fête de la Trinité : oser croire que le Dieu d’amour veut se donner à nous. Et apprendre chaque jour à vivre de cette paix et de cet amour, pour connaître toujours davantage, de l’intérieur, le mystère de Dieu qui se donne. Amen.

Père Perrin Lefebvre sj
Communauté Notre-Dame de la Paix, Namur

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La prière universelle de ce dimanche

Le célébrant : En cette fête de la Sainte Trinité, ouvrons maintenant notre prière aux dimensions de toute l’humanité.

Refrain : Animés par l’Esprit de Jésus, nous te prions, toi notre Père.

  1. Prions pour le pape, pour les évêques, pour les prêtres et tous ceux qui portent une responsabilité dans l’Église. Afin qu’ils puissent témoigner, en paroles et en actes, de l’amour inépuisable de Dieu, prions le Seigneur. R/
  2. Prions pour nos responsables politiques. Afin qu’ils inventent des chemins de réconciliations entre les peuples et un avenir meilleur pour les victimes des guerres, prions le Seigneur. R/
  3. Prions pour les familles déchirées ou ébranlées par la maladie, par la trahison. Afin qu’elles trouvent la paix, le réconfort et la force d’avancer en dépit des épreuves, prions le Seigneur. R/
  4. Prions pour notre communauté rassemblée, appelée à témoigner du mystère de la Sainte Trinité. Afin que la louange, la joie, la fraternité et le pardon nous animent chaque jour, prions le Seigneur. R/
  5. Nous confions au Seigneur les prières que nous avons en notre cœur.

Le célébrant : Seigneur Jésus, écoute les prières que nous venons d’exprimer, écoute celles qui sont dans notre cœur, exauce-les, toi qui es vivant pour les siècles des siècles.

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Un chant pour accompagner notre méditation

Nul n’a jamais vu Dieu

Paroles : Sœur Marie-Claire – Musique : Philippe Robert

  1. Nul n’a jamais vu Dieu,
    nul ne sait qu’il est Père,
    Mais Jésus nous l’a révélé,
    et l’homme apprend qu’il est aimé.
  2. Nul ne connaît le Fils,
    nul n’en sait le mystère,
    Mais les pauvres seront comblés,
    et l’homme apprend qu’il est aimé.
  3. Nul ne connaît son cœur,
    nul n’en sait la misère,
    Mais l’Esprit vient pour l’habiter,
    et l’homme apprend qu’il est aimé.
  4. Nul ne saurait unir
    les enfants de la terre,
    Mais l’amour veut tout rassembler,
    Et l’homme apprend qu’il est aimé.