
Dimanche 5 avril 2026
Jour de Pâques
- Actes 10, 34a.37-43 : Dieu nous a chargé d’annoncer au peuple.
- Psaume 117 : Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie.
- 1 Corinthiens 5, 6b-8 : Notre agneau pascal a été immolé : c’est le Christ.
- Jean 20, 1-9 : Le premier jour de la semaine…
Lire les textes de la liturgie
Il est vraiment ressuscité !
Christ de Pavie
Eglise des Saints Gervais et Protais, Pavie, Italie
Homélie
En ce matin de Pâques, nous pouvons imaginer ce qui se passe dans Jérusalem. La ville est encore
dans la nuit, encore sous le coup de ces événements tragiques qu’elle vient de vivre. Une femme
s’aventure dans la nuit et se rend au tombeau, l’aurore pointe ses premières lueurs, le jour se lève.
Elle découvre que le tombeau où l’on avait déposé le corps mort de Jésus est vide. Elle accueille la
nouvelle mais ne comprend pas encore. Alors elle court elle va prévenir les disciples. Nous pouvons
entendre ses pas qui résonnent dans la ville silencieuse, et puis les pas de Pierre puis ceux de Jean
remplissent le silence. Ils n’ont toujours pas compris et sont désorientés.
Contemplons ces trois figures que l’Evangile nous donne à voir. Aujourd’hui, quand nous échangeons
la nouvelle de la Résurrection de Jésus : « Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! » nous ne
comprenons pas toujours ce que veulent dire ces mots que nous échangeons de manière si joyeuse !
Mais nous pouvons nous identifier à l’un ou l’autre de ces amis de Jésus.
Marie-Madeleine d’abord. Elle est cette femme qui, selon la tradition, baigna de parfum et de ses
larmes les pieds de Jésus. Celui-ci l’a pardonnée parce qu’« elle avait montré beaucoup d’amour » (cf.
Lc 7, 36-50). Dans la suite de l’Evangile que nous venons d’entendre elle rencontrera son Seigneur
bien aimé (Jn 20, 11-18). Mais cela nous sera donné à entendre plus tard. Pour l’instant en ce jour de
Pâques, contemplons Marie-Madeleine, son cœur est bouleversé, il n’est plus là ! Nous ne savons pas
où on l’a mis… L’absence… Elle cherche, elle court, elle se confie à ceux qui le connaissaient bien…
comme la femme aimée et aimante du Cantique des cantiques : « J’ai cherché celui que mon cœur
aime, je l’ai cherché, je ne l’ai pas trouvé » (Ct 3, 1). Il nous arrive dans nos vies de ressentir cette
absence de Dieu, d’en être perdu, de souffrir de cette absence… En ce matin de Résurrection, la
lumière n’est peut-être pas encore totale dans nos cœurs, laissons résonner cette prière dans nos
cœurs : « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube, mon âme a soif de toi. Après toi languit ma
chair, terre aride, altérée, sans eau. » (Ps 62, 2) Avec Marie-Madeleine nous accueillons la nouvelle
de la Résurrection peut-être sans bien comprendre mais nous l’accueillons avec un cœur assoiffé
d’amour.
Et puis il y a Pierre, il doit être bien malheureux, il n’était pas là quand Jésus a été mis à mort, et pour
cause, il l’a laissé tomber pendant cet injuste jugement de Jésus. Pierre se sent bien seul… Il est
inconsolable de sa peur et de sa trahison. Ce qu’il a fait est impardonnable… Et maintenant on vient
lui dire qu’il n’est plus là ce Jésus en qui il faisait toute confiance quand tout allait bien. Jésus le lui
avait bien annoncé mais il ne comprend toujours pas. Ne nous arrive-t-il pas d’être ainsi dans le
désarroi, incapables de réagir, souffrants du bonheur des autres ? Contemplons Pierre : « D’un cœur
brisé, broyé, ô mon Dieu tu n’as pas de mépris, rends-moi la joie d’être sauvé !… Seigneur ouvre mes
lèvres. » (Ps 50, 14-19)
La troisième figure que l’Evangile nous offre à contempler est Jean. C’est le disciple que Jésus aimait,
qui se penche vers Lui dans les nombreuses représentations de la Cène, tendrement certainement,
surtout dans cette belle attitude de communion fraternelle avec celui dont il était si proche. Il était
au pied de la croix, à partager la souffrance de son maître qui était aussi son frère. Il a entendu Jésus
lui dire de prendre chez lui Marie, la mère de Jésus. Il court vers le tombeau, il devance Pierre. Il voit
le tombeau vide, et tout à coup il comprend tout ce que ce grand Frère lui avait annoncé. C’est bien
lui Jésus, le Sauveur, celui que nous attendions tous. Il est ressuscité, il a retrouvé la vie en plénitude
et il nous la donne.
« La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle. » (Ps 117, 22) Jean peut
maintenant courir le monde pour annoncer cette Bonne Nouvelle. Puissions-nous, là où nous
sommes quelle que soit notre situation humaine et spirituelle, être ainsi témoins de la vie redonnée,
de la joie d’un jour nouveau.
Demandons au Seigneur ressuscité de savoir garder nos cœurs dans l’amour et l’attente de
Madeleine, dans le désir du pardon de Pierre et dans l’accueil joyeux de la vie de Jean.
Père Henri Aubert sj
Communauté Notre Dame de la Paix, Namur
La prière universelle de ce dimanche
Le célébrant : Avec toutes l’humanité, avec l’Eglise universelle célébrant le Christ ressuscité, nous prions le Seigneur qui nous sauve.
Refrain : Christ ressuscité, exauce-nous.
- « Voici que je fais une chose nouvelle :
elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? »
Christ Jésus, nous te confions notre Église. Que l’Esprit Saint l’éclaire sur la conduite à tenir face aux défis qui l’attendent. - « Alors on disait parmi les nations :
“Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur !” »
Christ Jésus, nous te confions notre monde. Qu’en ces temps troublés, nos contemporains puissent redécouvrir, à la lumière de Pâques, des motifs de joie et d’espérance. - « Ramène, Seigneur, nos captifs, comme les torrents au désert. »
Christ Jésus, nous te confions toutes les personnes prisonnières de leur souffrance. Libère-les. Que nous sachions exercer auprès d’elles notre charité, et qu’elles reçoivent à travers nous l’espérance de la résurrection. - « Oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus. »
Christ Jésus, nous te confions notre assemblée paroissiale, et plus particulièrement Angèle et Nicolas qui viennent de recevoir la grâce du baptême. Donne-nous de nous dépouiller de nos vieux habits pour revêtir l’Homme nouveau.
Le célébrant : Seigneur Jésus, écoute les prières que nous venons d’exprimer, écoute celles qui sont dans notre cœur, exauce-les, toi qui es vivant pour les siècles des siècles.
Un chant pour accompagner notre méditation
Jésus qui m’as brûlé le cœur
Texte : Didier Rimaud – Musique : Jo Akepsimas
- Jésus qui m’as brûlé le cœur
Au carrefour des Écritures,
Ne permets pas que leurs blessures
En moi se ferment.
Tourne mes sens à l’intérieur,
Force mes pas à l’aventure,
Pour que le feu de ton bonheur
À d’autres prenne !
- La Table où tu voulus t’asseoir,
Pour la fraction qui te révèle,
Je la revois : elle étincelle
De toi, seul Maître !
Fais que je sorte dans le soir,
Où trop des miens sont sans nouvelles,
Et par ton Nom dans mon regard
Fais-toi connaître !
- Leurs yeux ne t’ont jamais trouvé,
Tu n’entres plus dans leur auberge,
Et chacun dit: « Où donc irai-je,
Si Dieu me manque ?»
Mais ton printemps s’est réveillé
Dans mes sarments à bout de sève,
Pour que je sois cet étranger
Brûlant de Pâques !