Dimanche 7 juin 2026

Le Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ

  • Deutéronome 8, 2-3.14b-16a : Il t’a donné à manger la manne.
  • Psaume 147 : Glorifie le Seigneur, Jérusalem.
  • 1 Corinthiens 10, 16-17 : Le pain que nous rompons…
  • Jean 6, 51-58 : Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.

Lire les textes de la liturgie

Faire jouer les images que Jésus nous suggère…

Polyptique du Saint-Sacrement – Dirk Bouts (1464)
Collégiale Saint-Pierre de Leuven

Homélie

Frères et sœurs,

Le discours sur le pain de vie que nous venons d’entendre s’inscrit dans une séquence de plusieurs récits dans l’évangile de saint Jean, qui s’enchaînent les uns aux autres et qui, pris dans leur ensemble, dessinent une dynamique, un chemin, dans lequel nous sommes invités à entrer à notre tour et qui nous mène à la fine pointe, pourrait-on dire, de la vie à laquelle le Christ nous appelle. Voyons un peu cela ensemble.

Il y a d’abord les noces de Cana où l’eau est transformée en vin. Il y a ensuite la rencontre entre Jésus et Nicodème, où celui-ci est invité par Jésus à naître une seconde fois, à naître d’en haut, non pas en retournant dans le ventre de sa mère, comme Nicodème fait semblant de le croire, mais en renaissant de l’eau et de l’Esprit. Il y a ensuite la rencontre avec la samaritaine et, ici aussi, l’évocation d’une double réalité : une eau qui ne désaltère pas vraiment, on en boit et on a encore soif, et une eau donnée par Jésus qui jaillit en source vive pour la vie éternelle. Enfin, il y a la multiplication des pains où la foule affamée reçoit de la nourriture en abondance, à la suite de quoi Jésus annonce une autre nourriture, un autre pain, la pain de vie : « Moi, je suis la pain vivant descendu du Ciel, dit-il. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Ma chair est la vraie nourriture et mon sang, la vraie boisson. » Un pain vivant qui n’est pas comme celui que leurs pères ont mangé qui n’empêche pas de mourir, mais qui fait vivre éternellement. Voilà des paroles fortes, engageantes et radicales, de Jésus. Quelle dynamique nous indiquent-elles ?

A lire cette succession de rencontres, c’est comme si Jésus, petit à petit, ouvrait ses disciples, ceux qu’il rencontre en cours de route, et les lecteurs de l’Évangile que nous sommes, à une autre réalité, à une autre source de vie, que celle, évidente, qui est le quotidien de notre humanité : la naissance où tout commence, le pain et l’eau qu’il faut renouveler chaque jour pour vivre. Il y a la naissance et une seconde naissance, de l’eau et de l’Esprit. Il y a l’eau (du puits) et l’eau qui jaillit en source de vie éternelle. Il y a le pain, et le pain descendu du Ciel, chair et sang du Christ, vraie nourriture et vraie boisson.

Mais ce qui est intéressant, c’est que Jésus, pour nous introduire à cette réalité autre, nouvelle, plus profonde et plus réelle, part justement de ce qui nous nourrit et nous fait vivre au quotidien, comme s’il dessinait ainsi une continuité, un accomplissement et non pas une rupture. Non pas un dualisme, deux réalités opposées (terre contre ciel, chair contre esprit), mais un aboutissement, de l’une à l’autre. La vie en Dieu n’est pas autre que la vie que nous connaissons déjà. Elle est cette vie déjà, mais accomplie, plus véritable, plus consistante, transfigurée et non pas reniée ou rejetée. Ce que réalise notre naissance humaine, ce que nourrit le pain et l’eau, aujourd’hui, de façon imparfaite, balbutiante, toujours à recommencer, c’est ce que la seconde naissance, la chair et le sang du Christ, réalisent en nous, en plénitude, et de manière définitive : la vie accomplie, la vie éternelle.

C’est là tout l’art et toute la pédagogie de Jésus, de nous faire passer de notre réalité à la sienne, de la terre au ciel, en nous montrant que notre réalité contient et exprime déjà en germe la vie en plénitude que lui réalise, à laquelle il nous invite et dans laquelle il veut nous faire entrer.

Cette fête du Saint-Sacrement manifeste ainsi à la fois le plus simple, le plus quotidien, le plus matériel de notre existence, naissance, eau et pain, et le plus élevé, le plus divin de ce à quoi nous sommes appelés : la vie de l’esprit, la vie éternelle, la naissance d’en haut, la résurrection en Jésus-Christ : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui, il a la vie éternelle et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »

Et si tout cela vous semblait encore un peu obscur, abstrait, difficile ou compliqué, ne vous effrayez pas. Faites simplement jouer la richesse et la vitalité des images et des symboles évoqués par Jésus. Où la vie naît-elle et renaît-elle en vous ? Où sont les sources qui vous font vivre ? De quel pain nourrissez-vous votre vie ? Et cette nourriture vous comble-t-elle ou vous laisse-t-elle insatisfaits en déçus ? De quelle eau irriguez-vous votre existence, à quel puits vous désaltérez-vous ? Et cette eau vous comble-t-elle ou vous laisse-t-elle avec une soif plus grande et plus forte, comme si vous n’aviez rien bu ? Avez-vous trouvé la vraie nourriture et la vraie boisson, ou cherchez-vous encore ? Savez-vous ce que veut dire que le Christ demeure en vous et que vous demeurez en lui ?

Oui, faites jouer les images que Jésus nous suggère et laissez-vous appeler, mettre en mouvement par elles. Elles nous montrent un chemin qui commence ici même, au plus près de notre vie, et qui nous mène jusqu’à Dieu, au plus près de sa vie à lui qui est aussi la nôtre, celle qu’il veut nous donner. A chaque fois que nous communions au pain et au vin, au corps et au sang du Christ, c’est ce chemin qui s’ouvre pour nous et qui nous est offert. Avec Nicodème, avec la samaritaine, avec tous les disciples, oserons-nous nous y aventurer ?

Amen.

Père Paul Malvaux sj
Communauté Notre-Dame de la Paix, Namur

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La prière universelle de ce dimanche

Le célébrant : En cette fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ, tournons vers Lui qui nous donnes sa vie et ouvrons maintenant notre prière aux dimensions de toute l’humanité.

Refrain : Jésus, sauveur du monde, écoute et prends pitié.

  1. Seigneur Jésus, tu nous a donné ta vie pour le monde que tu as créé. Tu nous l’as confié pour l’habiter, en prendre soin et le partager. Aujourd’hui il est en proie aux guerres et aux violences. Seigneur, viens toucher le cœur de tous les dirigeants et de tout homme en ce monde. Communique-leur ton Esprit d’Amour.
    Nous t’en prions.
  2. La communion à ton Corps et à ton Sang construit le Corps de ton Église. Répands sur elle, Seigneur, ton Esprit d’Amour et d’Unité, pour qu’elle puisse en être le témoin fidèle jusqu’aux extrémités de la Terre. Nous t’en prions.
  3. Tu viens en nous, Seigneur, pour partager tous les instants de nos vies. Que le Sport soit un instrument de paix , de rencontre et de dialogue entre les cultures et les Nations ; que par lui soient promues les valeurs de respect, de solidarité et de dépassement personnel.
    Avec notre Pape Léon, nous t’en prions.
  4. Seigneur, fais de notre communauté un foyer d’Amour fraternel, semblable au tien. Nous te prions spécialement pour Leslie, Angèle et Nicolas qui recevront pour la première fois ton Corps et ton Sang, à la messe de 10 heures. Que nous puissions, avec eux, porter ton amour auprès de tous ceux avec qui nous vivons. Nous t’en prions.

Le célébrant : Seigneur Jésus, écoute les prières que nous venons d’exprimer, écoute celles qui sont dans notre cœur, exauce-les, toi qui es vivant pour les siècles des siècles.

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Un chant pour accompagner notre méditation

Qui mange ma chair

Paroles : Didier Rimaud – Musique : Jacques Berthier

Qui mange ma chair et boit mon sang
Demeure en moi et moi en lui.
Qui mange ma chair et boit mon sang
Demeure en moi et moi en lui.

  1. Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme,
    Vous n’aurez pas la vie en vous.
  2. Si vous ne buvez pas le sang du Fils de l’homme,
    Vous n’aurez pas la vie en vous.
  3. Je suis le Pain vivant :
    Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim.
    Celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif.