Dimanche 15 mars 2026

Quatrième dimanche de Carême 

  • Samuel 16, 1b.6-7.10-13 : L’Esprit du Seigneur s’empara de David.
  • Psaume 22 : Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer.
  • Ephésiens 5, 8-14 : Conduisez-vous comme des enfants de lumière.
  • Jean 9, 1-41 : L’aveugle-né.

Lire les textes de la liturgie

Je vois… Je crois, Seigneur !

L’aveugle-né
Image de KT42 utilisée pour l’animation
des enfants à la messe de 10h30 (voir le site)

Homélie

Frères et sœurs,

En nous racontant l’histoire de la samaritaine, en nous parlant de l’eau du puits et de l’eau vive,  saint Jean nous livre un enseignement sur la création.

L’eau du puits, d’abord. Elle est source de vie pour la nature entière, les plantes, les animaux et, bien entendu, les êtres humains. Le texte nous montre Jésus fatigué par l’étape qu’il a parcourue ; Il est accablé par la chaleur. Il est environ midi, dit saint Jean. Jésus est assis au bord du puits. Vient une samaritaine. Pour puiser l’eau nécessaire à la vie quotidienne.

Cette eau évoque la création. C’est l’eau bienfaisante qui refait les forces et permet de vivre. Elle est don de Dieu. De celui qui a créé les eaux. Celles d’en bas et celles d’en haut, les eaux des puits et les eaux de pluie. Comme l’air et comme la terre. Dieu vit que cela était bon. L’eau du puits de Jacob, qui irrigue et désaltère, c’est l’eau de la création ; c’est l’eau de la vie.

Ensuite l’eau vive. Remarquons qu’avant de parler de cette eau nouvelle, Jésus commence par sa soif de l’eau du puits : « Donne-moi à boire » dit-il à la samaritaine. Il en reconnaît toute sa valeur de vie. Et toute sa nécessité. Mais il en dit aussitôt son insuffisance : elle n’aide à vivre que pour un temps. Il faut en boire et en reboire sans cesse. Jusqu’à ce que s’éteigne la vie physique. Nous commençons ici à comprendre que le monde créé attend son accomplissement. Car le don de Dieu à l’humanité est celui d’une vie qui ne s’éteint pas ; c’est celui de sa propre vie, la vie divine. Et c’est cette bonne nouvelle que Jésus annonce à la samaritaine : « Si tu savais le don de Dieu » lui dit-il. « Et si tu savais qui te demande à boire, c’est toi qui lui demanderais et il te donnerait de l’eau vive ». Saint Jean nous enseigne ici que cette eau vive vient de Jésus. Il en est la source et il en est le donateur. C’est une eau qui fait vivre. Mais vivre autrement que seulement soumis aux lois de la création terrestre. Pourquoi Jésus peut-il donner cette vie ? Parce qu’il est Dieu venu habiter sa création pour la conduire à son plus haut degré de perfection. Comment ? En prenant la condition humaine et en lui donnant, sur la croix, l’accès à la vie de Dieu. Sur la croix, Jésus s’est écrié « J’ai soif », soif de la vie du Père.

L’eau vive à une valeur eucharistique. Sur la croix encore, l’eau et le sang ont jailli du côté de Jésus. C’est le vin de la coupe de l’alliance nouvelle et éternelle entre Dieu et nous.

Nous ne pouvons pas en rester là. Une question se pose. Le récit de la samaritaine met sous nos yeux une double image de l’eau. Il y a l’eau du puits et il y a l’eau vive. Et si ces deux eaux pouvaient se rejoindre. Et si l’une conduisait à l’autre.

Observons-le : la réponse est dans le dialogue entre Jésus et la femme. A tout moment, il y est question de demander et de donner. Tous deux demandent à boire. Pour tous deux, l’eau est un don. Le propre de Dieu est de donner. De ne jamais cesser de donner. Le propre de Dieu est d’être celui à qui on ne cesse de demander.

Dès lors, demander et donner sont des actes divins. Nous savons que les enfants, dès l’aube de leur vie, demandent à leurs parents. Et que la nature des parents est de donner. À commencer par la vie. En cela, ils sont à l’image du Dieu Père. Nous le comprenons, tout acte de don quel qu’il soit, est enraciné en Dieu. Revenons à l’eau du puits. Elle peut être prise, possédée et retenue. Nous blessons alors la création. A l’inverse, Nous pouvons, à l’image de Dieu, considérer la création comme un don à partager. Nous pouvons alors relever la création blessée par la souffrance et la faim. Nous pouvons nous engager à faire de la création un monde de relations et de solidarité. Ainsi emportée par la dynamique du don créateur, l’eau du puits se fait signe de la grâce de Dieu. Et Dieu la vivifie.  Elle est l’eau qui se mêle au vin pour que nous soyons unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité.

Frères et sœurs, en bien des endroits du monde, des êtres humains ont soif d’eau, de justice, de paix. Soif de Dieu. En bien des endroits du monde, des hommes et des femmes font don de l’eau de leur puits ou de leur tonneau. Et cette eau-là, c’est de l’eau vive.

Amen.

Père Henri Aubert sj

Communauté Notre-Dame de la Paix Namur

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La prière universelle de ce dimanche

Le célébrant : Aujourd’hui, après avoir écouté et médité l’évangile de l’aveugle-né, nous nous adressons au Christ en lui confiant les intentions du monde, de l’Eglise et de notre communauté chrétienne.

Refrain : Jésus, sauveur du monde, écoute et prends pitié.

  1. Ô Christ, toi qui as permis à l’aveugle-né de retrouver une place dans la société, nous te prions avec le Pape Léon pour que les nations s’engagent dans un désarmement effectif, en particulier le désarmement nucléaire, et que les dirigeants du monde choisissent le chemin du dialogue et de la diplomatie et non celui de la violence. Ensemble, nous te prions.
  2. Ô Christ, toi qui as guéri l’aveugle-né, nous te prions pour les malades et les fatigués de la vie, en particulier ceux qui reçoivent aujourd’hui l’onction du sacrement, dans notre Chapelle,
    donne-leur toujours plus les yeux du cœur et la foi,
    pour goûter la joie de la vie, au milieu même de leurs épreuves.
    Ensemble, nous te prions.
  3. Ô Christ, en lisant l’évangile de Jean, nous avons rencontré les parents de l’aveugle-né qui l’ont accompagné jusqu’à ce jour où tu l’as guéri,
    nous te prions pour les parents du monde,
    en particulier ceux de notre communauté, en ce jour des familles,
    qu’ils sachent apprendre à leurs enfants à vivre et à aimer selon l’Evangile d’amour que tu nous as donné.
    Ensemble, nous te prions.
  4. Ô Christ, nous te prions pour notre communauté chrétienne,
    ouvre nos yeux à la lumière, libère-nous de nos aveuglements.
    Dès maintenant, au cœur même de nos détresses,
    donne-nous la joie que tu nous as promise.
    Ensemble, nous te prions.

Le célébrant : Seigneur Jésus, écoute les prières que nous venons d’exprimer, exauce-les, toi qui es vivant pour les siècles des siècles.

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Un chant pour accompagner notre méditation

Lumière pour l’homme aujourd’hui   

Texte et musique : Didier Rimaud/CNPL

  1. Lumière pour l’Homme aujourd’hui
    Qui viens depuis que sur la terre
    Il est un pauvre qui t’espère,
    Atteins jusqu’à l’aveugle en moi :
    Touche mes yeux afin qu’ils voient
    De quel amour Tu me poursuis.
    Comment savoir d’où vient le jour,
    Si je ne reconnais ma nuit ?
  2. Parole de Dieu dans ma chair
    Qui dis le monde et son histoire
    Afin que l’Homme puisse croire,
    Suscite une réponse en moi :
    Ouvre ma bouche à cette voix
    Qui retentit dans le désert.
    Comment savoir quel mot tu dis
    Si je ne tiens mon cœur ouvert ?
  3. Semence éternelle en mon corps
    Vivante en moi plus que moi-même
    Depuis le temps de mon baptême,
    Féconde mes terrains nouveaux :
    Germe dans l’ombre de mes os
    Car je ne suis que cendre encore.
    Comment savoir quelle est ta vie,
    Si je n’accepte pas ma mort ?