
Dimanche 19 avril 2026
Troisième dimanche de Pâques
- Actes des Apôtres 2, 14.22b-33 : Il s’agit de Jésus le Nazaréen…
- Psaume 15 : Tu m’apprends le chemin de la fin.
- 1 Pierre 1, 17-21 : Ainsi vous mettez votre foi et votre espérance en Dieu.
- Luc 24, 13-35 : Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
Lire les textes de la liturgie
Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ?
Les disciples d’Emmaüs
Céramique Centre Spirituel de La Pairelle
Homélie
Frères et soeurs,
Notre vie est un passage sur la terre, de la naissance à la mort. Nous pouvons y reconnaître la trace du Seigneur à l’image de ce que vivent les deux disciples sur le chemin d’Emmaüs… C’est notre grandeur de reconnaître Dieu à l’œuvre dans nos vies.
Mais c’est aussi notre faiblesse car souvent nous ne savons pas en quoi Dieu est présent, acteur dans nos vies. Lorsque nous essayons de l’expliquer, de le dire et même de le prier, nos mots sont bien souvent malhabiles. Le doute parfois nous taraude, surtout en ces moments où nos vies sont bousculées, où nos ennemis, comme nous l’entendons dans les psaumes, nous disent : « Où est-il ton Dieu ? » (Ps 41, 4) Un autre psaume leur répond : « Nous voici anéantis par ta colère, ta fureur nous épouvante… Sous tes fureurs tous nos jours s’enfuient, nos années s’évanouissent dans un souffle. » (Ps 89, 7.9). Et cela nous laisse perplexes : Dieu peut-il nous avoir ainsi créés et nous soumettre à sa colère et à un jugement qui détruise l’œuvre de ses mains ? Dieu peut-il nous laisser souffrir et mourir ?
Ce qui s’est passé sur le chemin d’Emmaüs et que nous venons à nouveau d’entendre peut nous éclairer.
Les disciples avaient vécu trois années inoubliables, avec Jésus. Bien sûr il y avait eu des moments difficiles, ils n’avaient pas toujours compris. Mais il y eut tant de belles choses ! cela ouvrait une telle espérance… Et puis tout à coup, plus rien : la haine, la souffrance et la mort ont fait leur œuvre sur la croix, tout est fini !
Alors il faut se souvenir… Avant tous ces événements, sur le chemin qui les menait avec Jésus, de la Galilée à Jérusalem, où tout cela allait se passer, alors qu’ils s’émerveillaient de tout ce qu’il faisait (Lc 9,43), par trois fois, il leur avait dit : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit mis à mort et que le troisième jour il ressuscite. » (Lc 9,22 ; cf. 9,44 et 18, 31-33). Et eux n’avaient pas compris. « Cette parole leur demeurait voilée et ils ne savaient pas ce que Jésus voulait dire. » écrit saint Luc (Lc 18,34).
Aujourd’hui sur le chemin qui mène à Emmaüs, il y a des signes d’espérance : ces femmes qui de bon matin sont allées au tombeau et disent l’avoir rencontré vivant, ces apôtres qui sont allés au tombeau et qui ne l’ont pas vu… Le doute est remis en cause, si je puis dire, et déjà commence à poindre une lumière…
Aujourd’hui, après sa mort humiliante et horrible sur la croix, après trois jours, Jésus ressuscite, il se présente à ses disciples et il leur dit, par trois fois : il fallait que tout cela arrive. Aux femmes d’abord, auprès du tombeau vide : « Rappelez-vous ce qu’il vous a dit quand il était encore en Galilée : “Il faut que le Fils de l’homme soit livré aux mains des pécheurs, qu’il soit crucifié et que, le troisième jour, il ressuscite.” » (Lc 24,7 et 24,44)
Et puis sur le chemin, vers Emmaüs, ils sont deux, Cléophas et son compagnon, complètement découragés. Un homme vient à leur rencontre. Peu à peu sur le chemin, à l’écoute de cet inconnu qu’ils viennent de rencontrer, leur cœur se réchauffe et s’illumine. Il leur dit : « Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? » (Lc 24, 26). Etonnant ! Inouï ! Et pourtant ils sont bouchés ils ne comprennent toujours pas. Il leur dit : « Relisez tous les prophètes, toutes les Ecritures… » (24, 27) A l’auberge, à la fraction du pain, ils le reconnaissent, bondissent de joie et reviennent vers leurs compagnons à Jérusalem. Et là, à Jérusalem, les Onze et leurs compagnons sont réunis, Jésus ressuscité vient et leur dit pour la troisième fois : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. » (24, 44)
Patiemment Dieu a inspiré à des générations de générations qu’il était présent au cœur de toute vie, au cœur de la joie comme de la détresse… Et cela s’est accompli, mystérieusement mais définitivement, dans la mort de Jésus sur la croix, dans sa résurrection qui transforme toute existence en vie éternelle… Tout à coup les disciples comprennent que leur existence a pleinement sens et que la vie leur est continuellement redonnée, comme Jésus le leur a manifesté, comme cela leur avait été annoncé par les prophètes qu’ils n’ont cessé de lire et de méditer, comme ils l’ont chanté dans les psaumes, comme nous venons de le chanter : « Ma chair elle-même repose en confiance. Tu ne peux m’abandonner à la mort, ni laisser ton ami voir la corruption. » (Ps 15).
Le Messie qu’ils attendaient, il est bien là présent dans l’auberge d’Emmaüs, dans l’Eucharistie qui le leur révèle, comme au cœur de toute leur vie, dans toutes ses dimensions, sous toutes ses facettes… dans les épreuves, la mort même, comme dans les plus grandes joies.
Laissons-nous peu à peu transformer et vivifier par cette Parole que nous venons d’entendre, par cette formidable espérance !
Père Henri Aubert sj
Communauté Notre-Dame de la Paix, Namur
La prière universelle de ce dimanche
Le célébrant : En ce troisième dimanche de Pâques, faisons monter vers le Père une priante instante pour notre monde qui souffre et qui peine.
Refrain : Par Jésus-Christ ressuscité, exauce-nous Seigneur.
- Prions pour l’Église et les nombreux nouveaux baptisés qui ont rejoint nos communautés ; afin qu’ils rayonnent de l’Amour et de la joie du Christ Ressuscité, dans le monde, aujourd’hui,
Seigneur nous te prions. - En cette période où les conflits et les guerres ne cessent de se multiplier au simple bon vouloir de certains chefs d’État, prions pour que les gouvernants concernés choisissent de bâtir une paix durable, afin de protéger les peuples et les jeunes générations.
Prions spécialement pour les nations que le Pape Léon vient de visiter ou visite en ce moment : l’Algérie, le Cameroun et l’Angola.
Seigneur nous te prions. - Prions pour toute notre humanité souffrante, les victimes innocentes de toutes ces guerres, aujourd’hui tout particulièrement pour le Soudan où la moitié de la population, 20 millions de personnes au moins, souffre d’une famine extrême ; afin que le monde entier se mobilise pour venir à leur secours et, par là, qu’elles soient visitées par le Christ Ressuscité pour goûter aux joies de l’Espérance,
Seigneur nous te prions. - Prions pour les prêtres de nos communautés qui traversent des moments de crise dans leur vocation, afin que nos communautés les soutiennent avec compréhension et prière,
Seigneur nous te prions. - Confions au Seigneur les prières que nous avons en notre cœur.
Le célébrant : Seigneur Jésus, écoute les prières que nous venons d’exprimer, écoute celles qui sont dans notre cœur, exauce-les, toi qui es vivant pour les siècles des siècles.
Un chant pour accompagner notre méditation
Alléluia, Jésus ressuscité
Paroles : Mutin – Musique : Akepsimas – Studio SM
Refrain :
Que le jour en fasse le récit,
Que la nuit le proclame à la nuit.
Alléluia ! Jésus ressuscité,
Ton soleil nous donne sa clarté.
- Enlève de nos cœurs
Le manteau de tristesse.
Habille nos déserts
De ta tendresse.
Ouvert est le ruisseau,
Voici le vin nouveau
Que tu verses. - Eloigne de nos vies
Le manteau de ténèbres.
Habille notre nuit
De ta lumière.
Ouvert est le tombeau,
Voici le jour nouveau
Qui se lève. - Arrache de nos soirs
Le manteau de vieillesse.
Habille tous nos ciels
De renaissance.
Ouvert est le berceau,
Voici l’homme nouveau
Qui se dresse.