Dimanche 1er novembre 2026

La Toussaint

  • Apocalypse de St Jean 7, 2-4.0-14 : Une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues…
  • Psaume 23 : Voici le peuple de ceux qui cherchent ta face Seigneur.
  • 1 Jean 3, 1-3 : Dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu.
  • Matthieu 5, 1-12a : Les Béatitudes.

Lire les textes de la liturgie

Comme cette eau se même au vin…

Icône des Saints de la Terre des Belges
(Sancti Terrae Belgorum)
Eglise saint Séraphin de Sarov Namur Citadelle

Homélie

Frères et sœurs,

Nous célébrons aujourd’hui la fête de tous les saints. Nous les connaissons plus ou moins depuis notre enfance, notamment à travers nos prénoms qui désignent nos saints patrons. Nous les connaissons par les fêtes qui leur sont consacrées. Il y a les Apôtres, les grands fondateurs, comme saint Dominique, sainte Thérèse d’Avila ou saint Ignace et aussi ceux dont la vie a été marquée par un dévouement exceptionnel, comme saint Jean Bosco, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, saint Oscar Romero ou saint Maximilien Kolbe, martyr à Auschwitz. Et bien d’autres encore. On les invoque dans la litanie des saints. Ils font partie de tous les saints canonisés, nombreux, que l’Église nous donne en exemple pour nous inspirer.

Mais, nous le savons bien, la sainteté ne se limite pas à ceux et celles qui ont été canonisés. L’Évangile des Béatitudes que nous venons d’entendre proclame heureux tous ceux et celles, connus ou inconnus, qui ont passé leur vie à faire le bien dans l’esprit de l’Evangile. C’est cette amplitude, cette étendue de la sainteté que le pape François nous invitait à reconnaître lorsqu’il parlait des saints de la « porte d’à côté ». Ce sont les saints de la vie quotidienne, qui ne sont pas parfaits, mais qui sont animés d’une bonté profonde, d’un désir de paix, de justice et de miséricorde. Ce désir est la trace, en eux, de la grâce sanctifiante de l’Esprit de Dieu. « J’aime, disait le pape François, la sainteté chez ces parents qui éduquent avec tant d’amour leurs enfants, chez ces hommes et ces femmes qui travaillent pour apporter le pain à la maison, (…) C’est cela souvent, la sainteté de la porte d’à côté, la sainteté de ceux qui vivent proches de nous et sont un reflet de la présence de Dieu »[1].  On pourrait parler aussi de la sainteté des médecins, infirmières et infirmiers qui consacrent leur vie au soin. La sainteté aussi des travailleurs sociaux qui s’emploient à améliorer les conditions de vie en particulier des sans-abris, des réfugiés et immigrés. La sainteté, elle est encore celle des chercheurs en laboratoire qui s’efforcent de trouver les meilleurs moyens de protéger la planète dans le souci des générations futures.

La prédication des Béatitudes sort de la bouche de Jésus ; c’est une prédication chrétienne, mais elle s’adresse à tous, bien au-delà des frontières de l’Église. Elle nous invite à proclamer bienheureux tous ceux et celles de toutes religions et croyances qui vivent dans l’Esprit de l’Evangile.

Heureux, en effet, tous ceux et celles pauvres de cœur, qui savent qu’ils ont reçu, qui sont reconnaissants, disent merci et sont prêts à partager. Heureux les doux et les miséricordieux, qui ne rendent pas le mal pour le mal, mais sont vainqueurs du mal par le bien. Heureux ceux qui pleurent avec ceux qui pleurent, compatissent à leur souffrance et les aident à avancer avec espérance. Heureux les artisans de paix, qui cherchent jour après jour à éteindre les rancunes et à ouvrir des chemins de réconciliation. Heureux les cœurs purs et droits, qui font ce qu’ils disent et disent ce qu’ils font. Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, qui ne cherchent pas à accumuler les richesses, mais se soucient d’une répartition équitable des biens. Heureux tous ceux et celles que l’Esprit de Dieu travaille intérieurement et qui font la joie de leur entourage. Ils sont une multitude ; ils sont les saints et saintes de Dieu.

Cette sainteté-là est un style de vie. Elle est une manière d’être que l’on apprend au contact des autres et qui nous dispose, par la grâce de Dieu, à vivre au jour le jour selon les valeurs de l’Évangile dans les péripéties de la vie.

Sur ce chemin des Béatitudes, l’important n’est pas d’arriver au bout, mais de faire un pas et d’avancer. Il s’agit de prendre le pli des Béatitudes, jusqu’à ce que leurs valeurs deviennent familières et orientent spontanément notre existence. Et si nous n’y arrivons pas, au moins pouvons-nous le désirer. Ce désir est déjà un premier pas, un pas essentiel, qui oriente vers le Royaume de Dieu. Parfois, aussi, vivre les Béatitudes engage, nous met debout pour résister à la violence, à l’injustice et à l’oppression lorsqu’elles font rage. Alors, dans ces cas, il faut se dresser, lutter – oui, lutter – pour la paix, la justice et la réconciliation.

Tous et toutes, nous sommes appelés à cette sainteté. La Constitution conciliaire Lumen gentium (§2) le rappelle explicitement.  Dans son exhortation apostolique Gaudete et exsultate, le pape François développe également cet appel adressé aux chrétiens à vivre saintement comme aussi à aiguiser leur regard pour reconnaître l’œuvre de la grâce sanctifiante dans toute l’humanité.

Cette sainteté à laquelle nous sommes appelés ne repose pas d’abord sur nos efforts. Elle n’est pas une performance, un privilège ou un statut que l’on acquiert de haute lutte. Elle est avant tout un don, un fruit de la grâce. Comment le comprendre ? Comment comprendre l’œuvre de sanctification en nous ? Un rite de la liturgie eucharistique l’exprime admirablement : c’est le rite de l’eau mêlée au vin. A l’offertoire, le prêtre prie ainsi : « Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité. » On pourrait dire « à la sainteté de celui qui a pris notre humanité ». Pour devenir saints, il nous est demandé de nous laisser transformer, avec ce que nous sommes et avec tout ce que nous pouvons apporter, comme l’eau se mêle au vin. Ce que nous avons à apporter, c’est notre eau : nos efforts pour vivre selon les Béatitudes, fût-ce notre désir de les vivre. La grâce de Dieu fait le reste : elle accueillera notre eau pour la mêler au vin de l’Alliance nouvelle et éternelle.

Encore un point essentiel : frères et sœurs, les Béatitudes que nous avons entendues ne désignent pas seulement des attitudes morales ou spirituelles : elles sont aussi une révélation de Dieu lui-même. Car si les pauvres de cœur, les doux, les miséricordieux et les artisans de paix appartiennent au Royaume de Dieu, alors c’est que Dieu lui-même est ainsi : pauvre de cœur, doux, miséricordieux, artisan de paix. Heureux, heureuses, sommes-nous. Dieu est ainsi, Lui, le seul Saint, qui nous sanctifie.

[1] Pape François, Gaudete et Exultate, la joie et l’allégresse, 2018, n°7.

Père André Fossion sj
Communauté Notre-Dame de la Paix, Namur

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La prière universelle de ce dimanche

Le célébrant : Jésus nous révèle le secret du bonheur : nous sommes bienheureux si nous laissons l’Évangile des Béatitudes transformer notre cœur pour rayonner autour de nous. Forts de cet Evangile, nous confions à Dieu le Père les prières de notre communauté ici rassemblée.

Voici le peuple de ceux qui cherchent ta face, Seigneur !

  1. Seigneur, tu rassasies tous ceux qui ont faim et soif de Justice,
    dans un monde où cette justice est si souvent bafouée,
    nous te prions pour tous ceux
    qui travaillent à la reconnaissance et au respect des droits de l’homme,
    qu’ils utilisent le pouvoir et l’autorité qui leur sont confiés
    pour venir au secours de leurs frères et sœurs abandonnés et persécutés.
    Nous t’en prions.
  2. Seigneur, tu déclares heureux les artisans de Paix, ils sont « fils de Dieu ».
    Suscite dans le cœur d’hommes et de femmes toujours plus nombreux
    le désir de construire des ponts et d’abattre les murs entre les peuples et les communautés qui se font la guerre,
    qu’ils contribuent à édifier la Paix
    et que l’Amour remplace les haines et les rivalités
    qui défigurent notre humanité.
    Nous t’en prions.
  3. Seigneur, nous sommes ton Eglise et tu veux pour elle le Bonheur :
    conduis-la, conduis-nous sur le chemin des Béatitudes
    que ton Fils Jésus nous a enseigné,
    dépouille nos cœurs de ce qui les encombre
    et les empêche d’accueillir ta Parole,
    donne nous la force de la faire fructifier là où tu nous envoies.
    Nous t’en prions.

Le célébrant : Seigneur accueille nos prières et celles que nous avons dans notre cœur, donne-nous le bonheur des Béatitudes et donne au monde et à nos Eglises la Paix et la Joie. Toi qui es vivant pour les siècles des siècles.

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Un chant pour accompagner notre méditation

Au cœur de ce monde

Texte : Didier Rimaud – Musique : Jacques Berthier

Au cœur de ce monde, le souffle de l’Esprit
fait retentir le cri de la bonne nouvelle !
Au cœur de ce monde, le souffle de l’Esprit
met à l’œuvre aujourd’hui des énergies nouvelle !

  1. Voyez ! les pauvres sont heureux :
    Ils sont premiers dans le Royaume !
    Voyez ! les artisans de Paix :
    Ils démolissent leurs frontières !
    Voyez ! les hommes au cœur pur :
    Ils trouvent Dieu en toute chose !
  2. Voyez ! les affamés de Dieu :
    Ils font régner toute justice !
    Voyez ! les amoureux de Dieu :
    Ils sont amis de tous les hommes !
    Voyez ! les doux sont vainqueurs :
    Ils font que dansent les montagnes !
  3. Voyez ! le peuple est dans la joie :
    L’amour l’emporte sur la haine !
    Voyez ! les faibles sont choisis :
    Les orgueilleux n’ont plus de trône !
    Voyez ! les doux qui sont vainqueurs :
    Ils ont la force des colombes !