Dimanche 25 janvier 2026

3ème dimanche ordinaire A

  • Isaïe 8, 23b à 9,3 : Le peuple qui marchait dans les ténèbres…
  • Psaume 26 : Le Seigneur est ma lumière et mon salut.
  • 1 Co 1,10-13.17 : Qu’il n’y ait pas de division entre vous.
  • Matthieu 4, 12-23 : Convertissez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche.

Lire les textes de la liturgie

Jésus accomplissement de la Parole.

Jésus appelle Simon et André
Duccio di Buoninsegna  (1255-1260, 1318)
National Gallery Art, Washington D.C.

 

Homélie

Frères et sœurs,

« Le peuple qui marchait(habitait) dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée (a resplendi). » L’évangile de Matthieu cite ici explicitement la prophétie d’Isaïe, en précisant que Jésus est celui qui accomplit cette parole, cette promesse.

Si donc nous voulons pleinement comprendre les promesses de la première alliance, transmises à travers les paroles de ce qu’on appelle l’Ancien Testament, nous sommes invités à regarder, méditer, contempler, comment Jésus les accomplit, les mène à leur plénitude.

Sur ce parcours, il y a cependant des obstacles. Dans sa première lettre aux Corinthiens, Paul en mentionne une qui a provoqué de gros troubles dans la communauté et continue de le faire aujourd’hui encore. Au lieu de se référer à Jésus, on « appartient » à ceux ou celles qui portent l’annonce. Une sorte de vedettariat en quelque sorte : « moi j’appartiens à Paul, moi à Apollos, moi à Pierre ».

Nous sommes familiers de cette dérive qui divise, qui trahit l’unité pour laquelle le Christ a donné sa vie. Moi j’appartiens au pape, moi aux jésuites, moi à telle famille spirituelle, moi à telle autre, moi à telle idéologie. Et il ne s’agit pas ici de refuser la diversité qui reconnaît des options différentes, des couleurs variées. Il s’agit de s’arrêter de fabriquer des idoles sportives, culturelles, politiques ou religieuses qui nous divisent, nous enlèvent notre liberté et nous séparent de Celui qui en est la source. Idoles aussi qui nous dispensent de réfléchir par nous-mêmes, de risquer des pas incertains.

Tournons-nous vers Jésus et voyons comment il fait passer des ténèbres, de l’ombre de la mort, de la morosité grise, ou encore des jougs de tyrans vers la lumière.

Dans l’évangile que nous venons de lire, nous voyons que sa première démarche est de quitter : quitter Nazareth, quitter le lieu de ses premiers pas, le lieu où il a grandi pour rejoindre la complexité de Capharnaüm, « la vie mêlée » comme l’appelle Etienne Grieu que je cite : « Le lieu naturel de la révélation chrétienne, c’est la vie mêlée : celle où tout est mélangé, où l’on ne comprend pas grand-chose, où l’on est souvent déçu, où l’on ne sort jamais tout à fait des malentendus et des tensions. Jésus, le Galiléen, était en ces lieux-là comme un poisson dans l’eau et savait y reconnaître le don du Père. »

C’est là que Jésus rejoint les disciples et les appelle : Pierre et André en plein labeur, en pleine pêche ; Jacques et Jean au terme de celle-ci, au moment où ils lavent leurs filets.

Jésus les invite à quitter leur barque et leurs filets, et même leur père, pour devenir pêcheurs d’hommes. Ainsi en était-il déjà pour Abraham appelé à quitter la maison de ses pères pour vivre une aventure de fécondité. Ainsi la parole qui fait passer des ténèbres à la lumière, la parole qui libère de l’oppression, est d’abord une parole qui invite à quitter. Les uns la reçoivent en pleine activité, en train de jeter leurs filets, on pourrait dire dans la force de l’âge ; les autres la reçoivent au soir d’une journée de travail au moment où ils lavent et rangent leurs filets. Pour les uns comme pour les autres, il s’agit de passer de choses à faire à la relation aux autres : devenir pêcheurs d’hommes. Le travail demeure, mais le sens change.

Quitter est toujours un acte de confiance. C’est passer d’un rivage connu à la découverte de terres nouvelles ; des bras sécurisants à l’audace et l’instabilité des premiers pas. « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle, le Royaume est tout près de vous ».

La promesse trouve sa pleine réalisation dans cette rencontre avec Jésus. Et ce Jésus voit : il voit Pierre et André ; il voit Jacques et Jean. Lui la lumière qui luit dans les ténèbres, il voit, comme il nous est dit à la première page du livre de la Genèse, que jour après jour, Dieu voit : « Et Dieu vit que cela était bon, et même très bon ! » Et aujourd’hui encore il voit, il nous voit, et il reprend son refrain éternel : « Que c’est bon ! » « Que c’est bon que tu sois là ! Viens et deviens avec moi pêcheur d’hommes ».

Aussitôt, nous est-il dit à chacun des appels, aussitôt ils quittent tout pour suivre Jésus. Cet « aussitôt » résonne comme une exclamation. Il exprime que ce n’est pas dans la tête seulement que cela se passe, mais dans le cœur, comme un coup de foudre.

C’est à ce niveau de profondeur que nous sommes appelés à vivre, à nous laisser unifier. Et quand revient, car elle revient, la tentation de nous attacher à  Paul, Apollos ou Pierre, la tentation de nous attacher aux idoles d’aujourd’hui, revenons à Jésus Christ, parole de lumière qui ouvre et dissipe les ténèbres, parole de lumière qui guérit et met debout. Que la grâce nous soit donnée de sans cesse le chercher pour le trouver et le connaître davantage.

Père Bernard Peeters sj
Communauté Notre-Dame de la Paix. Namur

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La prière universelle de ce dimanche

Le célébrant : Père très bon, en ce jour où nous avons entendu Jean le Baptiste désigner l’Agneau de Dieu à ses disciples, prête l’oreille à nos supplications.

  1. Pour que l’Église ne cesse d’annoncer le Christ, l’Agneau de Dieu, vainqueur du Mal et lumière pour tous les hommes,
    prions avec confiance. R/
  2. La violence et la haine se répandent entre les populations… Pour que les responsables civils et religieux encouragent le dialogue et la conciliation, pour qu’ils se mettent au service de la paix,
    prions avec confiance. R/
  3. De nombreux malades, de nombreuses victimes n’ont plus la force de croire et d’espérer…
    Pour qu’ils retrouvent la lumière au cœur de leur souffrance,
    prions avec confiance. R/
  4. Au début de la semaine pour l’Unité des Chrétiens,
    nous te prions, Seigneur, pour que les chrétiens de toutes confessions ne cessent de chercher des chemins d’unité et d’être ainsi un témoignage pour notre humanité,
    prions avec confiance. R/

Le célébrant : Seigneur, écoute les prières que nous venons d’exprimer,
exauce-les et donne à notre humanité de t’accueillir, toi l’Agneau de Dieu,
toi qui es vivant pour les siècles des siècles. Amen.

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Un chant pour accompagner notre méditation

Ecoute

Texte et musique : Communauté du Chemin Neuf

  1. Ecoute, entends la voix de Dieu:
    A celui qui a soif, il vient se révéler.
    Ecoute, que tout en toi se taise,
    Que tout en toi s’apaise
    Et que parle ton Dieu!
  2. Ecoute, laisse là ton souci,
    Que se taisent les mots, que s’éloignent les cris!
    Ecoute, Dieu sème sans compter,
    Sa parole est le pain
    Qui vient nous rassasier.
  3. Ecoute, Dieu t’invite au désert,
    Au silence du cœur, à la source sans fin.
    Ecoute, il se tient à la porte,
    Il frappe, et bienheureux
    Celui qui ouvrira!
  4. Ecoute, Dieu passe près de toi
    Dans la brise légère, dans le vent de l’Esprit.
    Ecoute, tu es aimé(e) de Dieu,
    Tu es choisi(e) par Dieu,
    Il veut pour toi la vie.