Dimanche 15 janvier 2023

Deuxième dimanche ordinaire (A)

Lectures

  • Isaïe 49, 3.5-6 : Je fais de toi la lumière des nations !
  • Psaume 39 : Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté.
  • 1 Corinthiens 1, 1-3 : A vous, la grâce et la paix, de la part de Dieu.
  • Matthieu 1, 29-3 : Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.

Lire les textes de la liturgie

Voici l’Agneau de Dieu

Statue de saint Jean le Baptiste, cathédrale Notre-Dame de Paris

 

L’homélie

Frères et Sœurs,

L’évangile de Jean ne relate pas le baptême de Jésus. Toutefois, le récit donné à notre méditation y fait penser. La scène se déroule autour du Jourdain. Jean voit l’Esprit de Dieu descendre du ciel comme une colombe et se poser sur Jésus comme dans les autres évangiles. Or justement, le récit du baptême de Jésus est un évènement charnière. Il fait passer Jésus de la vie cachée à la vie publique. Il est l’évènement qui l’investit dans sa mission d’annonce de la bonne nouvelle. En ce sens, il ressemble à l’intronisation des rois d’Israël au cours de laquelle ceux-ci recevaient l’onction d’huile et le titre de Fils de Dieu (Ps 2 ; 2 Sam 7, 14). L’Esprit-Saint descend sur Jésus, en lieu et place de l’onction et Jean lui confère deux titres messianiques : Agneau de Dieu et Fils de Dieu. Le récit de ce dimanche joue le même rôle que les récits du baptême de Jésus dans les Synoptiques. Il sert de rampe de lancement, de mise en route et d’intronisation de Jésus.

Frères et Sœurs,

Le premier titre messianique conféré à Jésus « Agneau de Dieu » est étonnant. Ce n’est pas un titre couramment conféré aux rois d’Israël. Les titres les plus courants étaient Fils de Dieu ou messie. Ces titres étaient plutôt de connotation politique. Le Christ attendu au temps de Jésus devait être un roi puissant qui restaurerait Israël dans toute sa gloire. L’agneau, utilisé dans le rituel de la fête de Pâques et les liturgies du temple, apparait dans Isaïe 53, un des rares textes dans l’Ancien Testament qui fait un rapprochement entre la figure de l’Agneau et l’oint de Dieu.

La figure de l’Agneau est donc aux antipodes de l’image de puissance. C’est un animal très doux, qui ne peut fuir comme une gazelle, ni se sauver comme un aigle ou se camoufler comme le caméléon. C’est un animal sans défense. C’est l’un des animaux le plus fragile dans la nature. Et pourtant c’est lui qui est choisi comme première figure messianique par Jean. Comme le fait remarquer le Pape François : « Comment un agneau, si faible, un faible petit agneau, comment peut-il enlever tant de péchés, tant de méchancetés ?
Par l’Amour. Par sa douceur. Jésus n’a jamais cessé d’être un agneau : doux, bon, plein d’amour, proche des petits, proche des pauvres. Il était là, parmi les gens, il guérissait tout le monde, il enseignait, il priait. Jésus, si faible, comme un agneau. »
(Homélie du Pape François, 19 janvier 2014) Aussi pouvons-nous ajouter dans cette liste que l’agneau enlève le péché et la méchanceté du monde par le pardon et la miséricorde. Il communique son innocence à ceux qui le côtoient.

En d’autres mots, le salut du monde passe par la douceur et la fragilité de l’agneau qui absorbe la violence et la faiblesse du monde. Jésus est la figure parfaite de l’agneau qui par sa croix a porté toute la violence et la souffrance du monde. L’on comprend dès lors que la religion fondée sur lui se contente de son sacrifice et le réitère sans verser le sang des animaux.

Mais ce visage du Christ n’est pas toujours donné ou facile à intérioriser. Il a fallu à Jean une voix intérieure et une vision de la descente de l’Esprit sur Jésus pour que lui soit révélé Jésus comme Agneau de Dieu et Fils de Dieu. Il le dit lui-même : «… moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : ‘Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.’. »

La connaissance intérieure du Christ est un don de Dieu. Un don du Père au monde : « …si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. » Cette connaissance intime du Christ comme Agneau de Dieu nous dévoile le dessein de Dieu celui de nous communiquer la vie en plénitude. Le savoir chrétien c’est de se sentir entouré depuis toujours par le Christ, c’est-à-dire aimé au point de recevoir de lui la vie sans aucun mérite de notre part. Cette connaissance intérieure est une grâce à demander et elle s’obtient.

Frères et Sœurs,

La bonne nouvelle de l’évangile est que le salut du monde passe par la douceur et la fragilité de l’Agneau de Dieu qui absorbe la violence et la souffrance du monde. C’est l’évangile que nous sommes invités à proclamer et à vivre dans notre quotidien. C’est un évangile aux antipodes des images de la puissance. Mais c’est le moyen que le Christ a choisi pour nous sauver. C’est le moyen qui sauvera le monde. Ce moyen passe par le refus de la domination et de la violence comme voie de solution à nos problèmes interpersonnelles, familiales, communautaires ou entre-nations. La patience et la douceur du dialogue ; le respect et l’attention envers les plus faibles, les plus pauvres, les exclus, les marginalisés, les rebus de la société sauvent le monde. Ce moyen passe aussi par ces gestes au quotidien non spectaculaires faits des petits sourires, de la gentillesse, de l’abnégation, du refus de la vengeance et du pardon. Amen

        Père Williams Dhelonga sj

Communauté Notre-Dame de la Paix, Namur

Télécharger le PDF de l’homélie

Un chant pour accompagner notre méditation

Agneau de Dieu, conduis nos pas

Paroles : Claude Bernard  –  Musique : Jo Akepsimas

Agneau de Dieu, conduis nos pas jusqu’à la source des eaux vives ;
Agneau de Dieu, tu donneras le feu pascal sur l’autre rive.

    1. Près du Jourdain quand tu parais, quel baptisé te reconnaît,
      Jésus Seigneur ? (bis)
      Toi l’inconnu, le charpentier, depuis trente ans tu t’es plongé
      Dans le grand fleuve des pécheurs,
      Agneau de Dieu, Agneau de Dieu.
    2. Mais Jean-Baptiste, en vrai témoin, révèlera celui qui vient :
      Voici l’Agneau ! (bis)
      Allez vers lui, le serviteur, dans notre nuit c’est le veilleur,
      L’Epiphanie du Dieu très-haut,
      Agneau de Dieu, Agneau de Dieu.
    3. Pour que tu sois sur Israël colombe et paix, venu du ciel,
      L’Esprit descend ! (bis)
      Tribus et peuples te verront, toi la lumière des nations,
      Qui nous relève au prix du sang,
      Agneau de Dieu, Agneau de Dieu.
    4. Quel mal du monde est enlevé quand notre terre est ébranlée
      Par tant de maux ? (bis)
      Toute justice est accomplie si ton baptême donne vie
      Au plus profond des cœurs nouveaux,
      Agneau de Dieu, Agneau de Dieu.
    5. Bientôt les cieux pourront s’ouvrir aux pèlerins que tu conduis,
      Vers ton grand jour. (bis)
      Ton Père annonce au baptisé : « Tu es mon Fils, mon bien-aimé,
      En toi j’ai mis tout mon amour,
      Agneau de Dieu, Agneau de Dieu.