
Dimanche 31 août 2025
22ème dimanche ordinaire
- Ben Sira le Sage 3, 17…29 : L’idéal du sage, c’est une oreille qui écoute.
- Psaume 67 : Béni soit le Seigneur, il élève les humbles.
- Hébreux 12, 18-19.22-24 : Vous êtes venus vers Jésus, le médiateur d’une alliance nouvelle.
- Luc 14, 1.7-14 : Quand quelqu’un t’invite à des noces…
Lire les textes de la liturgie
La dernière place.
Pieter Bruegel l’Ancien : le repas de noces (1566-69)
Kunsthistorisches Museum, Vienne
Homélie
Frères et sœurs,
deuxième lecture, l’évangile, affine cette sagesse en nous conviant, nous allons le voir, à l’inscrire dans le concret de la vie sociale.
La sagesse, bien entendu, comporte des aspects moraux ; elle détourne du mal et invite au bien. Mais la sagesse est plus qu’une morale à vivre, plus que des règles à respecter, plus que des commandements à observer. La sagesse, en effet, est un art de vivre. Dans le terme « art », il y a l’idée de talent, d’inventivité, de beauté et de liberté. La sagesse est un art de vivre que l’on peut se donner librement, que l’on peut inventer, que l’on peut peaufiner et parfaire au fil du temps, à force d’expérience, au bénéfice de soi-même et des autres.
La première lecture du livre de Ben Sira le Sage donne le ton : « L’idéal du sage c’est une oreille qui écoute ». Ce que le texte nous dit, c’est que l’on entre dans la sagesse par l’écoute. Le sage se met à l’écoute des autres ; il se met à l’écoute de ce qui se passe, de ce qui le précède, de ce qui vient. Le sage ne se précipite pas dans la conversation pour la diriger, pour la dominer, pour imposer son point de vue. Il ne renonce pas à la parole ni à ses propres idées, mais il les tient en suspens pour se disposer à entendre d’abord, et, par conséquent, à apprendre toujours à nouveau. Le sage, en effet, est un perpétuel apprenant. Il saisit tout chose, tout événement, pour en tirer un enseignement. Remarquons d’ailleurs que la première disposition que demande la Bible avant même l’amour de Dieu, c’est l’écoute : « Écoute, Israël, ton Dieu est l’unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force » (Dt 6,4).
Cette capacité d’écoute, le livre de Ben Sira le Sage l’associe à l’humilité : « Mon fils, accomplis toute chose dans l’humilité », y lit-on. L’humilité, en effet, entraîne à l’écoute. Le mot « humilité », de même que les termes « humble » et « humanité », ont pour étymologie le mot latin « humus » qui désigne le « sol », « la terre ». On pourrait dire que l’humanité est humaine quand elle est humble, à l’inverse de l’orgueil qui est à la racine du mal. Être humble, c’est se tenir près du sol sachant qu’on est redevable du terreau dont on est sorti. C’est reconnaître cette dette essentielle à l’égard de ceux et celles qui nous ont précédés, qui nous ont nourris et fait grandir. Être humble, c’est, en d’autres termes, savoir dire merci. L’orgueilleux, lui, ne dit pas merci parce qu’il croit que tout lui est dû. Être humble, c’est encore se tenir près de l’humus où les choses nouvelles naissent, poussent et grandissent. C’est accueillir les forces vitales toujours à l’œuvre. Telle est, me semble-t-il, la leçon du texte de Ben Sira le Sage que nous avons entendue.
Venons-en à l’Évangile. L’Évangile reprend l’idéal de sagesse, d’écoute et d’humilité. Mais il l’affine en lui ouvrant de nouvelles perspectives, éventuellement en le bouleversant de fond en comble. C’est le cas dans l’évangile de ce jour. Vous l’avez entendu, dans cet évangile, il est question de préséances : de premières et de dernières places. Le récit évangélique raconte un épisode de la vie courante de Jésus où il observe comment les invités à une noce se pressent pour prendre les premières places. L’enseignement de Jésus se déroule en deux temps. D’abord, il s’adresse à tous les invités à la noce sous le mode de la parabole ; il leur dit : « Quand tu es invité, va à la dernière place de telle sorte que le maître de maison te convie à monter plus haut ; ainsi seras-tu honoré et éviteras-tu la honte d’être ramené à une place moins honorable ». Une première manière d’entendre le propos de Jésus serait de dire qu’il donne aux invités une leçon de prudence se basant sur la loi générale selon laquelle qui s’élève sera, un jour ou l’autre, rabaissé et vice-versa. La sagesse serait alors d’anticiper les choses et de prendre la dernière place en attendant d’être élevé. Ce serait ici une leçon de prudence, une prudence intéressée qui finalement calcule et cherche le profit. Mais on peut entendre le propos de Jésus d’une autre façon : comme l’enseignement de la logique nouvelle du Royaume. Selon cette logique du Royaume, personne n’a le droit de revendiquer la première place. Et donc, en vertu de ce non-droit, chacun se porte spontanément vers les dernières places. Et si on est invité à monter plus haut, c’est par grâce et non par l’effet d’un droit. La logique du Royaume, c’est de se mettre tous et toutes à la dernière place, ainsi n’y a-t-il plus ni premiers ni derniers, mais une communauté fraternelle d’égaux, élevés au rang d’une commune dignité.
Mais, poursuivons notre lecture. Dans un second temps, après s’être adressé à tous les convives, Jésus s’adresse au maître de maison qui l’avait invité et le convie à une pratique qui bouleverse radicalement ses habitudes : « Quand tu invites à un diner ou à un déjeuner, lui dit-il, n’invite pas tes amis, tes parents, tes riches voisins qui peuvent te rendre. Invite plutôt les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux gratuitement, sans esprit de retour, car eux, ils ne peuvent te rendre. Alors heureux seras-tu. Cela te sera rendu à la résurrection des justes ». Mesurons ici le renversement dans lequel Jésus nous convie. Il demande de mettre en priorité, avant toute autre préoccupation, le souci des pauvres, des malheureux, des estropiés et oubliés de la vie. Pour Jésus, la sagesse éminente à laquelle il nous convie est de faire entrer les délaissés de la vie à la table de la société sans qu’ils doivent payer, sans esprit de retour, sans obligation de rendre, c’est-à-dire dans le circuit du don, dans un espace de gratuité. Il n’y a pas de recette toute faite ou de voie unique pour cela. Il y a bien des façons de faire. Il revient à chacun et à chacune de chercher et de trouver la manière d’inscrire concrètement cette priorité dans sa vie sociale. Jésus a été jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême sur ce chemin ; il a passé sa vie à faire le bien, en guérissant les malades, en annonçant la Bonne Nouvelle aux pauvres ; il a donné sa vie sans rien exiger en retour. A nous, à chacun et chacune d’entre nous de l’accompagner sur ce chemin, avec nos propres limites, comme nous le pouvons, autant que nous le pouvons, non pas comme une prestation qui oblige et nous juge, mais précisément dans l’espace de gratuité sans retour qu’il nous a ouvert, dans lequel nous pouvons nous efforcer de nous mouvoir, par grâce.
Père André Fossion sj
Communauté Notre-Dame de la Paix. Namur
La prière universelle de ce dimanche
Le célébrant :
Après avoir entendu, commenté et médité la Parole de Dieu, nous nous tournons vers le Père pour lui confier les prières qu’elle nous inspire pour la société, l’Église et notre communauté chrétienne.
Refrain : Seigneur, entends la prière qui monte de nos cœurs.
- Nous te prions, Seigneur, pour les nations de ce monde qui souffrent de la faim et de la guerre, du fait de la violence de leurs ennemis…
Donne à leurs gouvernants de trouver les mots et les actions
qui peu à peu redonneront à l’humanité la paix et la justice.
Seigneur, nous te prions. - Nous te prions, Seigneur, pour les enfants, les jeunes et les étudiants qui reprennent dans les jours qui viennent le chemin des études.
Donne-leur le goût des choses à apprendre,
pour la construction de leur personnalité et de l’humanité ;
donne-leur la joie de travailler.
Seigneur, nous te prions. - Nous te prions, Seigneur, pour toutes les personnes qui se retrouvent seules, sans soutien, celles qui sont hospitalisées, mais aussi toutes celles qui souffrent physiquement ou moralement. Donne-nous de savoir nous faire proches d’elles pour être les témoins de cet amour fort dont tu veux les entourer.
Seigneur, nous te prions. - Nous te prions, Seigneur, pour notre communauté chrétienne ici rassemblée.https://chapelleuniversitairenamur.be/wp-content/uploads/2025/08/250831-Priere-universelle.pdf
Donne-nous la force de marcher vers le royaume en nous conformant à la vie de ton Fils Jésus.
Donne-nous de traverser avec Lui la porte étroite du Royaume.
Seigneur, nous te prions.
Le célébrant : Seigneur, écoute avec bonté les prières de ton peuple.
Accorde à tous ce qu’ils te demandent, et à chacun ce qu’il lui faut.
Par le Christ, notre Seigneur. Amen.
Un chant pour accompagner notre méditation
Vous serez vraiment grands
Frère Marie-Joseph Cap, o.f.m. Musique : Frère Jean-Baptiste du Jonchay
Vous serez vraiment grands
Dans la mesure où vous êtes petits,
Vous serez alors grands dans l’amour.