Résistance et solidarité
En entrant dans la Semaine Sainte, nous arrivons au terme du Carême. Nous avons vécu, plus modestement nous nous sommes efforcés de vivre ces quarante jours comme un temps de conversion et de renouvellement intérieur.
Nous avons été invités, dans une vie trépidante, à résister avec le Christ pour entrer dans le combat de Dieu. Cela signifiait refuser que la peur, l’arbitraire ou l’injustice puissent déterminer l’avenir et promouvoir une authentique culture de vie. Nous étions appelés à nous unir pour renforcer la cohésion sociale, encourager l’entraide, soutenir les initiatives communautaires et bâtir des solidarités durables.
Sur la proposition de Entraide et Fraternité, nous avons focalisé notre attention et notre générosité sur le peuple d’Haïti. En même temps nous ne pouvions pas rester indifférents aux situations de misère et de détresse qui ne manquent pas de nous interpeller dans le quotidien de nos vies. Aujourd’hui, près de chez nous, des hommes, des femmes ne cessent de résister pour vivre et nous avons à être solidaires avec eux.
Il vaut la peine de relire le parcours qui nous a été proposé à la Chapelle Universitaire au long de ce Carême. De dimanche en dimanche, aux messes de 10h30 et 12h, nous avons pu écouter quelques témoins de ces combats quotidiens que vivent ceux dont nous sommes proches. Que vous ayez été présents ou non, dans cette Lettre vous pourrez retrouver ces témoignages : à notre manière nous pouvons été solidaires des gens de la rue, de la création et du monde agricole, des malades et de ceux qui sont dans la nuit du cœur, de ceux qui sont affrontés à la mort, à la naissance comme à la “mourance”, associant ainsi nos résistances à celles de Haïti. (relire le parcours)
J’ai été interpelé, comme responsable de la Chapelle, par des personnes qui ne supportent pas (et qui voudraient porter plainte !) que des gens de la rue font de la Chapelle pratiquement leur chez soi. Un tel tient la porte d’entrée, interpelle les paroissiens qui prient, fait la manche, dérange pendant l’adoration. Il y a ceux qui n’osent plus venir prier à la chapelle, de peur de les rencontrer. N’est-ce pas justement là que nous sommes invités, à la suite de Jésus, à résister et à être solidaires ? La Chapelle n’est-elle pas la maison de Dieu ! Ce n’est pas une Parole en l’air !
Nous avons ainsi voulu croire, c’est-à-dire affirmer la présence fidèle de Dieu au cœur de l’histoire, reconnaître que la lumière du Christ rejoint les situations de ténèbres, et discerner les signes d’espérance déjà présents dans le quotidien.
Oui, marchons vers la lumière de Pâques, rayonnons la joie et, debout avec le Christ, devenons témoins de la vie plus forte que la mort.
Henri Aubert
Chapelain de la Chapelle Notre-Dame de la Paix