Dimanche 29 mars 2026

Les Rameaux

  • Après la procession des Rameaux. Matthieu 21, 1-11 : Entrée de Jésus à Jérusalem.
  • Isaïe 50, 4-7 : J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient…
  • Psaume 21 : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné.
  • Philippiens 2, 6-11 Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père.
  • Matthieu 26,14 à 27,47 : La Passion de Jésus.

Lire les textes de la liturgie

La croix glorieuse

Jésus entre à Jérusalem, sur un petit âne.
Image de KT42 utilisée pour l’animation
des enfants à la messe de 10h30 (voir le site).

Homélie

Après la bénédiction des Rameaux.

Lecture : Matthieu 21, 1-11 : Jésus entre à Jérusalem

Ce matin, nous avons bousculé nos habitudes, nous avons quitté nos maisons, nos lieux ordinaires de célébration, pour nous rassembler dans la cour de l’évêché, au cœur de Namur. Nous ne faisons qu’un, nous faisons corps et nous marcherons ensemble vers Saint-Loup, conduit par notre pasteur, Mgr Fabien Lejeusne.

C’est une foule comme la nôtre qui acclame Jésus entrant dans Jérusalem sur le dos d’un petit âne, au terme de ces années où il a annoncé et mis en œuvre la bonne nouvelle du Salut.

Nous pourrions chanter un de ces psaumes que les juifs entonnent quand ils montent en pèlerinage à Jérusalem ; on les appelle justement les psaumes des montées. Ecoutez ! C’est toute l’espérance d’Israël, c’est toute notre espérance :

« Quelle joie quand on m’a dit : « Nous irons à la maison du Seigneur ! » Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem ! Jérusalem, te voici dans tes murs : ville où tout ensemble ne fait qu’un ! C’est là que montent les tribus, les tribus du Seigneur, là qu’Israël doit rendre grâce au nom du Seigneur. » (Psaume 121/122)

Cette joie accompagnait la montée du peuple vers Jérusalem. Notre foi et notre lecture des Ecritures nous disent qu’aujourd’hui c’est la montée de toute l’humanité, la montée vers la vie.

Et pourtant, aujourd’hui Jérusalem souffre. Les pèlerins ont déserté la ville ! Toute le Moyen-Orient souffre… Et on ne voit pas comment cela finira. Les violences d’aujourd’hui annoncent celles de demain… Il faut ajouter que ce qui se passe au Moyen-Orient est à l’image de ce qui se vit en tant de lieux de notre monde.

Je vous invite à contempler Jésus. Juché sur un ânon, il entre à Jérusalem. Ecoutez la foule en liesse. Et pourtant il sait que là est l’ultime lieu de sa vie, de sa passion, de sa mort. Il est venu apporter la vie, on lui donnera la mort. Nous allons faire mémoire de ces douloureux événements au long de la semaine qui commence.

Mais si nous pouvons ainsi chanter « Hosanna au Fils de Dieu » et faire procession dans les rues de Namur au milieu d’un monde bien souvent hostile, indifférent pour le moins, c’est bien parce que nous croyons que ce Jésus est le Fils de David. Il est le Messie, le Fils de Dieu et nous sommes assurés que la vie est plus forte que la mort… Alors marchons et entraînons les foules avec nous !

Henri Aubert sj
D’après l’homélie lors de la bénédiction des Rameaux,
le 24 mars 2024

Homélie après la lecture de la Passion

Frères et sœurs,

Le récit que nous venons d’entendre raconte la mort de Jésus. Le peuple de Dieu auquel Jésus appartient, avec ses anciens et ses chefs autour du grand-prêtre Caïphe, se réunissent et le condamnent. La foule réunie pour la Pâques, encouragée par ces chefs, réclame sa mort. Parmi elle, il y a certainement celles et ceux qui l’ont accompagné pour entrer à Jérusalem, quelques jours plus tôt : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! ». Parmi ces gens, Pierre et ses amis les plus proches étaient prêts à mourir avec lui. Le récit de la Passion nous raconte leur défection. Ils vont tous l’abandonner. De leur côté, les païens avec Pilate et les soldats à son service le mettent à mort. Ainsi c’est l’humanité entière, croyants et non-croyants réunis, qui se ligue pour assassiner Dieu.

En méditant sur la mort du Christ, regardons cette humanité à laquelle nous appartenons. Partout elle souffre, de la guerre, de la faim, de l’injustice, de la haine, de la violence… Et nous pouvons nous interroger : qui que nous soyons ne sommes-nous pas de cette humanité, chacune, chacun à notre manière ? Jalousie, mépris, abus, colère, trahison… Depuis le premier meurtre, celui d’Abel par son frère Caïn, nous participons au meurtre de toujours !

Les évangélistes ne cessent de répéter que c’est la volonté de Dieu que Jésus meurt ainsi sur la croix. Dieu veut assumer, intégrer, dépasser, notre mal et notre malheur. Il vient, par son Fils Jésus, se mettre à la place des victimes de l’humain. Cela signifie que tout mal fait à des hommes atteint Dieu lui-même. Et nous pouvons entendre Jésus nous dire : « Chaque fois que vous avez fait cela à un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (cf. Mt 25, 40). Jésus accueille et accepte librement sa passion : « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! » C’est Dieu lui-même qui accepte de mourir sur la croix. On peut parler de la croix en termes de sacrifice, de rançon, de dette à payer, comme les théologiens l’ont fait depuis toujours, mais au-delà de tout cela nous pouvons simplement contempler ce qui se joue là : sur la croix Dieu se révèle comme amour, un amour qui va jusqu’au pardon total et universel.

En contemplant le Christ en croix, un mot peut résonner dans notre cœur : Emmanuel, Dieu avec nous. Ce mot nous invite à relire tout l’Evangile, de la naissance à la croix, de la crèche au crucifiement, comme le disait le cantique de Noël. Nous rejoignant au coeur de notre détresse, jusque dans nos enfers, ces enfers que nous subissons ou que nous fabriquons, bien souvent sans le savoir, Dieu se révèle Dieu être avec nous jusqu’au bout, jusqu’à la Résurrection. C’est une autre manière de méditer ce qu’est l’« amour ». Il n’y a pas de désastre dans nos vies dont nous puissions dire : Dieu n’y est pas. Toutes nos morts, deviennent sa mort. Et la mort n’a plus de pouvoir sur lui, ni sur nous, puisque nous pouvons nous aussi nous appuyer sur elle pour faire resplendir l’amour. En méditant la Passion du Christ, il ne nous est pas tellement demandé de nous attrister, de nous affliger, mais de prendre conscience de l’amour dont nous sommes aimés. La croix est glorieuse et contient déjà le germe de la Résurrection.

D’après Marcel Domergue sj,
« Ouvrir la Bible », année A, Salvator 2001

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La prière universelle de ce dimanche

Le célébrant : Avec toutes les nations, avec l’Eglise célébrant l’entrée de Jésus à Jérusalem, acclamé par la foule, nous prions le Seigneur qui nous sauve.

Refrain : Jésus, sauveur du monde, écoute et prends pitié.

  1. Avec Jésus entrant dans Jérusalem, prions pour les futurs baptisés, spécialement pour Angèle et Nicolas qui seront baptisés dans cette Chapelle le jour de Pâques, et pour les personnes qui, durant le Carême, ont été fortifiées dans leur foi grâce à la prière, le partage et le jeûne.
    Nous t’en prions, Seigneur.
  2. Avec Jésus vivant la passion, prions pour que les nations s’engagent dans un désarmement effectif, en particulier le désarmement nucléaire, et que les dirigeants du monde choisissent le chemin de dialogue et de la diplomatie et non celui de la violence.
    Nous t’en prions, Seigneur.
  3. Pendant le Carême qui s’achève, ave Entraide et Fraternité, nous avons focalisé notre attention et notre générosité sur le peuple d’Haïti.
    Seigneur, nous te rendons grâce pour nos frères et sœurs d’Haïti qui, au long de ce Carême, nous ont guidés et montré que, même dans les circonstances difficiles, un chemin d’humanité est possible.
    Nous t’en prions, Seigneur.
  4. Nous ne pouvons pas rester indifférents aux situations de misère et de détresse qui ne manquent pas de nous interpeller dans le quotidien de nos vies. Aujourd’hui, près de chez nous, des hommes, et des femmes ne cessent de résister pour vivre.
    Alors Seigneur, aide-nous à être solidaires avec eux, à ne pas nous laisser éblouir par nos réussites ou décourager par nos échecs, mais à persévérer sur le chemin de la solidarité, de l’amour et de la confiance en la vie.
    Nous t’en prions, Seigneur.

Le célébrant : Seigneur Jésus, écoute les prières que nous venons d’exprimer, écoute celles qui sont dans notre cœur, exauce-les, toi qui es vivant pour les siècles des siècles.

Télécharger le texte de la prière Universelle

Un chant pour accompagner notre méditation

Fais paraître ton jour

Texte : Didier Rimaud – Musique : Jacques Berthier

Refrain : Fais paraître ton jour et le temps de ta grâce.
Fais paraître ton jour que l’Homme soit sauvé !

  1. Par la Croix du Fils de Dieu,
    Signe levé qui rassemble les nations.
    Par le corps de Jésus-Christ,
    Dans nos prisons, innocent et torturé.
    Sur les terres désolées, terres d’exil,
    Sans printemps, sans amandier. R/
  2. Par la Croix du bien-aimé,
    Fleuve de paix où s’abreuve toute vie.
    Par le corps de Jésus-Christ,
    Hurlant nos peurs dans la nuit des hôpitaux.
    Sur le monde que tu fis pour qu’il soit beau
    Et nous parle de ton nom. R/
  3. Par la croix du Serviteur,
    Porche royal où s’avancent les pécheurs.
    Par le corps de Jésus-Christ, nu, outragé
    Sous le rire des bourreaux.
    Sur les foules sans berger et sans espoir
    Qui ne vont qu’à perdre cœur. R/
  4. Par la croix de l’Homme-Dieu,
    Arbre béni où s’abritent les oiseaux.
    Par le corps de Jésus-Christ,
    Recrucifié dans nos guerres sans pardon.
    Sur les peuples de la nuit et du brouillard
    Que la haine a décimés. R/
  5. Par la croix du vrai Pasteur, Alléluia
    Où l’enfer est désarmé,
    Par le corps de Jésus Christ, Alléluia,
    Qui appelle avec nos voix,
    Sur l’Eglise de ce temps, Alléluia,
    Que l’Esprit vient purifier. R/
  6. Par la croix du Premier-né, Alléluia,
    Le gibet qui tue la mort,
    Par le corps de Jésus Christ, Alléluia,
    La vraie chair de notre chair,
    Sur la pierre des tombeaux, Alléluia,
    Sur nos tombes à venir. R/
  7. Alléluia, Alléluia, Alléluia, Allélu, Alléluia (ter). R/