Jeudi 14 mai 2026

L’Ascension

  • Actes des Apôtres 1, 1-11 : Récit de l’Ascension.
  • Psaume 46 : Dieu s’élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor..
  • Ephésiens, 1, 17-23 : Il a fait du Christ la tête de l’Eglise qui est son corps.
  • Matthieu 28, 16-20 : Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde..

Lire les textes de la liturgie

Je suis avec vous…

Evangiles de Rabbula
Manuscrit syriaque enluminé (6ème siècle)
Bibliothèque Laurentienne de Florence

Homélie

Frères et sœurs,

Les lectures de ce jour nous présentent deux récits de l’Ascension ; deux récits différents, mais profondément complémentaires. L’un de Luc, dans le livre des Actes, propose toute une scénographie de l’ascension de Jésus sous le regard des Apôtres. L’autre, tout à la fin de l’Évangile de Matthieu, met au premier plan la parole et l’écoute.

Ces deux récits ne se contredisent pas : ils nous conduisent ensemble dans une véritable pédagogie de la foi.

Regardons d’abord le récit de Luc dans Actes des Apôtres.

Dans ce texte, tout se passe au niveau de la vision. Les apôtres regardent Jésus. Ils le voient s’élever. Une nuée vient le soustraire à leurs yeux. Et tandis qu’ils fixent encore le ciel, voici que deux hommes vêtus de blanc se tiennent devant eux et les interpellent : « Pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ?  Ce Jésus qui a été enlevé au ciel viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

Trois moments donc dans ce récit. Il y a d’abord le temps de la vision : les disciples voient Jésus ressuscité, encore présent à leurs côtés. Puis vient le temps de la disparition : Jésus, enlevé dans une nuée, échappe à leur regard. Enfin, vient un troisième temps : celui de l’existence ordinaire, dans l’histoire humaine, la vie dans l’ici-bas du monde, dans l’attente d’un retour annoncé.

Mais entre ces trois moments, il se passe quelque chose d’essentiel : une conversion du regard. Les disciples sont invités à ne pas rester enfermés dans la nostalgie d’une présence visible. Ils ne doivent pas rester là, les yeux levés vers le ciel, comme figés dans un passé révolu ou suspendus à un futur encore inaccessible. Ils doivent apprendre à abandonner tout désir de voir Jésus et à vivre autrement, désormais sans le voir.

D’abord, les disciples ne doivent pas garder le regard fixé au ciel, mais ils ont à se tourner vers les hommes, vers le monde, vers l’histoire. Les deux hommes en blanc les renvoient à la mission que Jésus lui-même leur a donnée : aller vers les autres, vers tous les autres et, par la puissance de l’Esprit, devenir témoins depuis Jérusalem jusqu’aux confins et jusqu’à la fin du monde. Ainsi donc, dans ce premier récit de l’Ascension, à la vue béatement fixée au ciel, se substitue un mouvement, un aller vers les autres, vers tous les autres, comme témoins du Seigneur, jusqu’à la fin des temps. A un
regard immobile succède un mouvement. Aux yeux fixés au ciel succède l’envoi. A l’attente passive succède la mission.

Passons maintenant au second récit, celui de l’Évangile.

Ici, tout change. Il n’est plus question de nuée, ni de regard, ni même de disparition visible. Le centre du récit, ce sont les paroles de Jésus, les dernières paroles de Jésus, celles qui achèvent l’évangile de Matthieu. « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples… Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » Remarquons que, par comparaison avec le premier récit, nous passons ici du registre de la vision à celui de l’écoute. Ce qui est décisif désormais, ce n’est plus de voir Jésus, mais d’entendre sa parole et d’y répondre. Et surtout, d’entendre cette affirmation bouleversante : « Je suis avec vous. » Autrement dit, celui que l’on voyait disparaître dans le premier récit se révèle ici comme étant plus proche et plus présent que
jamais. Le Christ n’est plus « quelque part ». Il est partout. Il est avec nous. Il n’occupe plus une place dans l’espace : il habite notre monde et notre histoire, dans l’attente où nous sommes « de cette bienheureuse espérance : l’avènement de Jésus-Christ, Notre Sauveur » comme nous le disons à chaque Eucharistie après la prière du Notre Père.

Frères et sœurs, ces deux récits, ensemble, nous introduisent à une manière nouvelle d’être au monde. D’abord, ils nous libèrent d’une illusion : celle de pouvoir « retenir » le Seigneur, de vouloir le fixer dans un lieu, dans une image, dans une expérience passée. Ensuite, les deux récits nous
donnent une mission : allez, parlez, témoignez. Ils nous offrent ainsi une immense liberté. Car si le Christ n’est plus visible, c’est qu’il nous laisse la place.  L’espace est ouvert. Il nous confie le monde. Il s’en remet à nos initiatives.  Il nous rend responsables. Non pas seuls, mais avec Lui. Car il est là,
mystérieusement présent, au cœur même de notre vie.

C’est ici que la parole de saint Ignace de Loyola prend tout son sens : « Chercher et trouver Dieu en toutes choses. » Ne plus chercher Dieu dans l’extraordinaire ou dans un ailleurs inaccessible, mais le reconnaître dans l’épaisseur de nos vies : dans nos rencontres, dans nos engagements, dans les joies et les épreuves, dans l’histoire humaine en train de se faire.

Le mystère de l’Ascension transforme notre regard. Il nous apprend à ne plus chercher Dieu ailleurs, loin de nous, mais à découvrir sa présence ici même, discrète mais bien réelle. « Dieu avec nous ».  Il nous appelle à devenir, nous-mêmes, les signes visibles d’un Christ désormais invisible.

Alors, frères et sœurs, ne restons pas à regarder le ciel. Regardons le monde, tel qu’il est, y compris dans sa dureté. Et vivons de manière telle que, à travers nous, d’autres puissent entrevoir avec
bonheur et espérance la présence du Christ vivant.

Père André Fossion sj
Communauté Notre-Dame de la Paix, Namur

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La prière universelle de ce dimanche

Le célébrant :  En ce jour de l’Ascension, prions pour le monde, l’Eglise et notre communauté chrétienne.

Refrain : Sûrs de ton amour et forts de notre foi, Seigneur nous te prions.

  1. Seigneur, nous te prions pour que ton Église reste fidèle à ton message et à sa mission et que sans cesse elle soit missionnaire de par le monde. Prions le Seigneur.
  2. Seigneur, nous te prions pour les dirigeants de notre monde, éclaire-les pour qu’ils comprennent que la paix et la fraternité doivent toujours être préférées à la guerre ou à la primauté du plus fort. Prions le Seigneur.
  3. Seigneur, nous te prions pour les pauvres, les déplacés et pour nos frères et sœurs d’Orient. Qu’en ce jour de joie, ils ne doutent jamais que Tu es parmi eux et avec eux, en toute circonstance. Prions le Seigneur.
  4. Seigneur, en union avec le pape Léon, nous te prions  pour que chacun, des grands producteurs aux petits consommateurs, s’engage à éviter le gaspillage alimentaire et pour que tous aient accès à une alimentation de qualité. Prions le Seigneur.

Le célébrant : Seigneur Jésus, écoute les prières que nous venons d’exprimer, écoute celles qui sont dans notre cœur, exauce-les, toi qui es vivant pour les siècles des siècles.

Prière Universelle du Réseau Mondial de Prière du Pape

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Un chant pour accompagner notre méditation

Jésus, tu montes aux cieux

Texte : Jean-Pascal Hervy, Musique : Philippe Robert, ADF Musique

Stance : Pourquoi regardez vers le ciel ?
Jésus le crucifié est vraiment ressuscité. Alléluia !
Comme il est parti, il reviendra
Et nous entrerons dans la joie de son Père ! Alléluia !

Refrain :
Jésus, tu montes aux cieux,
parmi nos chants de joie !
Tu n’es plus devant nos yeux
mais nous savons que tu es là ! Alléluia !

  1. Cette gloire sans prix de l’héritage
    Reçue de Dieu par Jésus-Christ
    Sera déployée tel un partage
    Parmi ceux qui vivent de l’Esprit.
  2. Cette gloire sans prix de son alliance
    Reçue de Dieu par Jésus-Christ
    Viendra justifier une espérance
    Dans l’Eglise unie par son Esprit.