
Dimanche 24 mai 2026
La Pentecôte
- Actes des Apôtres 2, 1-11 : Le jour de la Pentecôte…
- Psaume 103 : Ô Seigneur, envoie ton Esprit, qui renouvelle la face de la terre.
- 1 Corinthiens 13, 3b-7.12-13 : Former un seul corps.
- Jean 20, 19-23 : Recevez l’Esprit Saint.
Lire les textes de la liturgie
Au-delà des mots…
Homélie
Frères et sœurs,
L’événement de la Pentecôte est souvent comparé avec raison avec celui de la tour de Babel. Car, dans ces deux événements, il est question de langues, bien sûr, mais surtout de deux rapports très différents à la diversité et à l’unité. Une question bien d’actualité puisque nous vivons à une époque où la diversité, la différence, interviennent souvent dans le débat public, soit comme un idéal qui irait de soi, soit, comme un épouvantail qui serait l’origine de tous les problèmes. Y compris au sein de l’Église, que la diversité soit sociale, d’origine ou de conviction. Avec, en filigrane, la question de ce qui fait et constitue l’unité d’une communauté.
Rappelons-nous, à Babel, toute la terre avait alors la même langue et les mêmes mots. La communauté était donc fondée non seulement sur l’unité de la langue, mais encore sur l’identité des mots utilisés. Autrement dit, tout le monde disait la même chose, même langue, mêmes paroles, mêmes discours : c’est le règne du parti unique. L’unité est obtenue par l’uniformité, par l’identité, par la répétition du même. Tentation et objectif de tous les systèmes totalitaires : pensée unique, discours unique, parole unique, et toute différence, toute altérité est gommée.
A la Pentecôte, la situation est un peu différente. Rappelons-nous d’abord, la Pentecôte pour les juifs. Ils y fêtent le don de la Torah, le don de la Loi à Moïse au Sinaï. C’est-à-dire ce qui fait l’unité du peuple d’Israël, ce qui fait son identité. Le don de la Loi dont l’observance est le marqueur et le sceau de l’alliance entre Dieu et son peuple. L’unité du peuple ne vient plus de l’uniformité du langage et des mots, mais de la communauté d’observance des commandements donnés par Dieu.
A la Pentecôte des apôtres et de l’Église, cette fois, ce n’est plus une liste de commandements qui est donnée, mais l’Esprit-Saint promis par Jésus dont le premier effet, le premier fruit, le premier don n’est plus une uniformité de langage ou d’observances, mais une compréhension mutuelle, universelle et partagée, où chacun est rejoint dans sa langue, c’est-à-dire dans sa particularité, par la Parole des apôtres : « Chacun entendait, dans son propre dialecte, ceux qui parlaient. Tous, nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. »
Ce qui fait l’unité de l’Église n’est donc plus un langage unique ou une loi commune, mais la compréhension des merveilles de Dieu, que chacun reçoit dans sa particularité et dans sa réalité propre. L’unité dans l’Esprit épouse les différences, sans les abolir ni les ignorer, mais en les assumant et en les respectant.
Et, remarquez-le, cette unité n’est pas fabriquée à coup de volonté, d’efforts ou de mérites. Elle nous est donnée par l’Esprit qui fait s’exprimer les apôtres et qui leur donne d’être compris par chacun dans sa propre langue. Un message, douze messagers, et autant d’auditeurs et de langues que le monde en compte.
Si nous regardons les divisions qui fracturent notre Église, comme notre société et notre humanité, nous pouvons parfois être pris de découragement. Trop de rivalités, trop d’oppositions, trop de différences. Ne faudrait-il pas un seul modèle, un seul moule, une seule tête ?
La Pentecôte nous indique un autre chemin. Durant huit jours après le départ de Jésus, les apôtres et les femmes se sont rassemblés pour prier ensemble et partager ensemble le pain. En sorte que, le jour venu, l’Esprit a pu faire son œuvre en eux et faire en sorte qu’ils parlent d’un seul cœur, d’une seule voix, d’une seule âme, en étant entendu par chacun dans la diversité incroyable d’origines et de langues de cette époque.
Vous avez peut-être déjà fait cette expérience. Entendre parler quelqu’un dans une langue que vous ne comprenez pas, et pourtant avoir le sentiment de le comprendre tellement il y met de cœur, de conviction et de force, si bien que le message traverse l’incompréhension de la langue.
Alors, si aujourd’hui, le monde contemporain semble ne plus comprendre le langage religieux, le langage de la foi, demandons-nous ce qui nous manque. Je me souviens de discussions interminables sur la nécessité de changer le langage, d’adapter les discours, pour les rendre plus compréhensibles, plus modernes, plus accessibles à nos contemporains.
Et si la réponse n’était pas dans les mots utilisés, mais dans le cœur, dans la conviction et dans l’âme avec lesquels ils sont prononcés ? En sorte que le message passe au-delà des mots et du vocabulaire utilisé. L’Esprit-Saint, à la Pentecôte, n’est pas le traducteur universel que nous avons désormais dans nos smartphones. Il est l’âme et le cœur qui transcendent toutes les différences et toute la diversité du monde, pour partager le message universel des merveilles de Dieu pour chacun d’entre nous. Amen.
Père Paul Malvaux sj
Communauté Notre-Dame de la Paix, Namur
La prière universelle de ce dimanche
Le célébrant : Ouvrons maintenant notre prière aux dimensions de toute l’humanité, une manière pour nous de partager l’Esprit Saint avec toute l’humanité.
Refrain : Animés par l’Esprit de Jésus, nous te prions, toi notre Père.
- Dieu a créé le ciel, la terre, les fleuves et les mers, et tous les êtres vivants.
Il a confié tous ces trésors à l’homme pour qu’il en fasse bon usage et les protège. Beaucoup, de par le monde, tentent de se les approprier, au mépris des souffrances endurées par les peuples concernés. Nous sommes solidaires, sans toujours le savoir ni le vouloir, de ces graves dégradations de la création
Ensemble prions pour que les leaders de notre monde prennent conscience de leurs responsabilités vis-à-vis de leurs frères humains et de toute la création en souffrance et pour que, nous-mêmes, à notre mesure, nous avancions sur un chemin de recréation. - La terre, ce jardin d’Eden offert à l’homme dans un élan de tendresse, est devenue un lieu de souffrance où l’égoïsme prédomine.
Ensemble, prions pour que les humains retrouvent le chemin du cœur et qu’une saine fraternité les anime. - Nous sommes devenus filles et fils de Dieu par la grâce de notre baptême.
Ensemble, prions pour celles et ceux qui sont confirmés dans notre diocèse en ce week-end de Pentecôte et en cours d’année ; prions pour le diacre Thomas Capouillet qui sera ordonné prêtre le 28 juin prochain. - Tout peut recommencer et reverdir par la confiance et l’engagement sur nos lieux de vie. Ensemble, prions pour que l’esprit de paix et de joie anime ici et maintenant, chacun et chacune d’entre nous.
Le célébrant : Seigneur Jésus, écoute les prières que nous venons d’exprimer, écoute celles qui sont dans notre cœur, exauce-les, toi qui es vivant pour les siècles des siècles.
Un chant pour accompagner notre méditation
Esprit de lumière, Esprit créateur
Paroles et musique : Communauté de l’Emmanuel (L. Pavageau)
- Viens Esprit du Dieu vivant,
Renouvelle tes enfants,
Viens, Esprit Saint, nous brûler de ton feu !
Dans nos coeurs, répands tes dons,
Sur nos lèvres inspire un chant,
Viens, Esprit Saint, viens transformer nos vies !
Esprit de lumière, Esprit Créateur,
Restaure en nous la joie, le feu, l’Espérance.
Affermis nos âmes, ranime nos coeurs,
Pour témoigner de ton amour immense.
- Fortifie nos corps blessés,
Lave-nous de tout péché,
Viens, Esprit Saint, nous brûler de ton feu !
Fais nous rechercher la paix,
Désirer la sainteté,
Viens, Esprit Saint, viens transformer nos vies !
Pont :
Veni Sancte Spiritus
Veni Sancte Spiritus (bis)
- Donne-nous la charité
Pour aimer en vérité,
Viens, Esprit Saint, nous brûler de ton feu !
Nous accueillons ta clarté
Pour grandir en liberté,
Viens, Esprit Saint, viens transformer nos vies !