Samedi 4 avril 2026

Vigile de la Résurrection

  • Genèse 1, 1 à 2,2 : Il y eut un soir, il y eut un matin…
  • Exode 14, 15 à 15, 1a : Les fils d’Israël entrèrent au milieu de la mer, à pied sec.
  • Isaïe 55, 1-11 : Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau !
  • Ezéchiel 36, 16-28 : Je vous donnerai un cœur de chair.
  • Romains 6, 3-11 : Vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ.
  • Matthieu 28, 1-10 : Il est ressuscité d’entre les morts.

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Dieu nous veut du bien

Icône de la Résurrection
Communauté du Chemin Neuf, Le Roucas Marseille

Homélie

Frères et sœurs,

Vous avez sûrement remarqué, à la fin de l’évangile de saint Matthieu, la terre ne cesse pas de trembler. Quand Jésus meurt sur la croix : tremblement de terre. Quand l’ange du Seigneur annonce aux femmes la résurrection, re-tremblement de terre. Comme si l’évangéliste voulait souligner et mettre en gras : ici, Dieu se manifeste, ici, Dieu est présent, ici, le monde est ébranlé dans ses fondations, le monde est transformé, retourné au plus profond de lui-même. Et en effet, ce qui se passe aujourd’hui bouleverse de fond en comble l’ordre du monde.

La première parole que Dieu adresse à l’homme et à la femme qu’il vient de créer est une parole de bénédiction et de vie : «  Dieu crée l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, homme et femme, il les créa. Dieu les bénit et leur dit : “Soyez féconds et multipliez-vous” ». Dieu nous veut du bien. Dieu veut pour nous la vie. Restons un instant là-dessus : en Dieu, il n’y a rien d’autre que cela, tout entier, sans reste, sans réserve : Dieu est bénédiction, Dieu est vie. Et le plus saisissant, c’est que nous sommes, nous-mêmes, créés à son image, créatures faites pour la bénédiction et créatures faites pour la vie.

C’est cela qu’il faut garder devant les yeux, car la suite de l’histoire vient gâcher ce qui avait si bien commencé. Dès le chapitre trois de la Genèse, le mal surgit et avec lui, le long cortège de jalousie, de violence, de meurtres, de souffrance, de péchés qui défigurent le monde et le visage de l’humanité, notre visage.

Mais, c’est là que se révèle le plus étonnant. Si, avec le mal, le monde a changé, si, avec le péché, l’homme a changé, Dieu, lui ne change pas. Il ne renonce pas à son projet créateur, il ne renonce pas à son projet de vie, il reste fidèle. Dieu créateur est fidèle. Voilà ce que le peuple d’Israël découvre tout au long de son histoire, ce qu’il expérimente dans tout ce qu’il vit et traverse, et qui trouve son point ultime et son accomplissement ici même, à Pâques, avec le Christ, pour toute l’humanité.

Dieu n’abandonne pas le monde à son sort, ni l’homme à son destin. Il descend, il rejoint, il accompagne, il fait traverser, il prend sur lui et il sauve. Le visage qu’il nous révèle dans l’histoire du peuple juif est un visage de salut, de pardon, de miséricorde, de vie et d’amour. C’est ce que nous avons entendu sans relâche au fil des différentes lectures de cette veillée pascale. Le peuple traverse la Mer Rouge à pied sec et échappe à la mort sous la botte de pharaon et des égyptiens : Dieu de vie. « Ecoutez moi bien et vous mangerez de bonnes choses, vous vous régalerez de viandes savoureuses, Écoutez et vous vivrez » dit le Seigneur au prophète Isaïe. Dieu de vie. « Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau, je vous donnerai un cœur de chair », dit le Seigneur au prophète Ézéchiel. Dieu de vie.

Dieu n’abandonne pas l’humanité à elle-même, il descend, il rejoint, il accompagne, il sauve. Et ce que Dieu accomplit une fois pour toute en Jésus-Christ mort et ressuscité, c’est ce qu’il accomplit et veut offrir à toute l’humanité, depuis les origines et jusqu’à la fin des temps, comme le dit saint Paul, en toute simplicité : « Si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Si nous avons été unis à lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne. » Ce que le Christ accomplit, il l’accomplit pour que tous, nous tous, puissions le recevoir et en vivre.

Mais Dieu ne s’impose pas à nous. Il frappe à notre porte et nous demande s’il peut entrer. Jésus dit à Zachée : « Aujourd’hui, il me faut demeurer chez toi. » Mais Zachée va-t-il descendre de son arbre ? Jésus dit à l’aveugle : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Mais l’aveugle va-t-il répondre à la question ? Jésus dit au collecteur d’impôt : « Viens et suis moi ! » Mais Matthieu va-t-il se lever et le suivre ? Jésus dit au jeune homme riche : « Une seule chose te manque. » Mais le jeune homme va-t-il tout donner pour Jésus ?

Ce que Jésus n’a cessé de faire en Galilée, le Christ ressuscité continue de plus belle de nous le proposer : il appelle, il suscite, il envoie : « Allez annoncer à mes frères ! » dit-il à Marie-Madeleine et à l’autre Marie. « Allez annoncer à mes frères ! » nous dit-il aujourd’hui. Que répondrons nous ?

Frères et sœurs, depuis les origines, Dieu nous veut du bien, il veut pour nous la vie. Et Dieu est fidèle. Aujourd’hui, par sa résurrection, le Christ nous offre la victoire sur le mal, le péché et la mort. Accueillons ce don qui nous est fait. C’est la grâce de Pâques que Dieu nous offre. Amen.

Père Paul Malvaux sj
Communauté Notre Dame de la Paix, Namur

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