Marcher dans l’espérance

Les choses de la terre et les choses du ciel

Le chapitre 3 de l’évangile de saint Jean nous aide à entrer dans le mystère de la Résurrection. Nicodème rencontre Jésus alors qu’il fait nuit. Il ne comprend pas. Il est dans la nuit de la foi. Jésus l’invite alors à regarder ce que Lui, Jésus, fait sur cette terre et ainsi à croire en Lui qui vient du ciel : « Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ? » (3,12) Et puis quand les disciples de Jean et ceux de Jésus discutent entre eux sur la mission de l’un et de l’autre, Jésus leur explique : « Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous. Celui qui est de la terre est terrestre… » (3, 31).

N’est-ce pas ce qui se passe dans les actes des apôtres qua nous entendons dans la liturgie de ce jour : « il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Ac 5,29), c’est-à-dire à Jésus qui est la lumière qui vient de Dieu, qui sauve alors même que tout va mal… Les hommes qui ont tué Jésus, ne veulent pas croire, ils sont de la terre. En colère, ils veulent supprimer les témoins de la lumière.

L’actualité de notre monde est à l’image de ce que vivent les premiers chrétiens. Des hommes veulent se faire les plus puissants pour enrichir toujours plus ceux qui ont l’argent et le pouvoir. Sans vergogne ils écrasent les civils, les enfants… Ils refusent une parole de paix de la part de l’Eglise, donnée au nom de Jésus, parce qu’ils sont mis en cause et ne veulent pas changer leur cœur. Alors la colère de Dieu ne peut que retentir. Les choses de la terre ne peuvent qu’entraîner à la mort.

Pour nous les choses de la terre, nous les vivons dans l’actualité bien sûr, mais c’est aussi ce qui nous tracasse, les épreuves que l’on subit quel que soit notre âge… qui nous enferment dans le silence ou la désespérance. A notre mesure, nous vivons ce que vivent ces populations à cause de l’égoïsme, de la colère et de la folie des hommes. Nous les vivons plus modestement certainement, discrètement, mais non moins durement.

Mais Jésus nous invite à faire confiance aux choses du ciel, cette espérance qui habite notre cœur, qui nous ouvre à la lumière de la nuit de Pâques.

Henri Aubert sj
Chapelain de la Chapelle Universitaire