Dimanche 14 janvier 2024

Deuxième dimanche ordinaire (B)

Lectures

  • 1 Samuel 3, 3b-10.19 : Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.
  • Psaume 39 : Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté
  • 1 Corinthiens 6, 13c-15a.17-20 : Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint.
  • Jean 1, 35-42 : Voici l’Agneau de Dieu.

Lire les textes de la liturgie

Parle Seigneur, ton serviteur écoute

Saint Benoît, “Ecoute”

 

Homélie

Frères et sœurs,

Nous sommes de plain-pied dans le temps ordinaire, commencé après la célébration du baptême du Christ. Ce dimanche, par ses textes, nous indique bien ce que doit être notre attitude chrétienne dans l’ordinaire de nos vies : une réponse à l’appel de Dieu. En effet, Dieu est à l’initiative de la relation que nous avons avec lui, c’est lui qui nous appelle à le suivre. D’ailleurs, en Jean 15, 16, il nous rappelle que ce n’est pas nous qui l’avons choisi, mais plutôt lui et ce, « pour que nous portions du fruit et que notre fruit demeure ».

Cet appel de Dieu qui continue de retentir en ce monde, il l’a d’abord adressé à des personnes avant nous, nos ancêtres dans la foi. Il a fallu, en bien des cas, pour le découvrir et l’accueillir, la médiation d’une personne, comme celle d’Élie, auprès duquel Samuel apprenait le service du temple. Aujourd’hui, l’Église assume cette fonction avec volonté et dévouement. Tout en espérant qu’on lui prête une attention, elle essaie de favoriser en chacun de nous la reconnaissance de l’appel de Dieu en nous indiquant la juste réponse à lui donner : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute » (1 S 3, 9).

Oui, Dieu aujourd’hui, continue de parler et d’appeler chacun de nous par son nom.  Samuel, c’est alors toi, moi ou nous tous qui avons du mal à reconnaître la voix du Seigneur qui nous appelle et nous interpelle dans les différentes postures et situations qui sont les nôtres. Les bruits étourdissants et assourdissants de l’extérieur rivalisent avec ceux de notre intérieur pour nous empêcher d’entendre et de comprendre Dieu qui n’a de cesse de nous faire signe. Ces bruits ont plusieurs noms : publicités, gsm, internet, paroles incessantes, pressions sociales constantes pour nous emmener à faire comme, si ce n’est une totale expropriation de nous-mêmes au bénéfice d’un modèle social préétabli, soucis d’ordre financier, matériel, affectif, sentimental, affirmation de soi envers et contre tous etc. Comment entendre la voix de Dieu si le silence que requiert l’écoute est continuellement perturbé ? Et même quand il nous semble l’avoir entendu, comment la comprendre et l’accueillir comme primordial quand toutes les propositions et positions semblent, en notre monde, se valoir ?

Frères et sœurs, comme Samuel dans le silence de la nuit, il nous faut pouvoir nous soustraire du branle-bas quotidien pour faire silence à l’extérieur et à l’intérieur de nous. C’est une nécessité, car pour entendre, il faut écouter. La réponse de Samuel est fortement évocatrice : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute ». Samuel avant même l’écoute, est dans une disposition d’obéissance puisqu’il se reconnaît comme serviteur. Dans l’ordre de la foi, l’écoute et l’obéissance vont de pair. C’est pourquoi, il nous faut toujours nous reconnaître comme des serviteurs pour écouter Dieu et faire sa volonté.

Le propos de saint Paul aux Corinthiens trouve ici un ancrage. Nous ne nous appartenons plus car nous sommes à Dieu, qui a fait de notre corps le temple de son Esprit. Conscients de ce que nous sommes pour lui et de la confiance qui est mise en nous, nous n’avons pas le droit de mettre notre corps à la disposition de ce qui n’est pas digne du Christ, la débauche et toutes formes d’impuretés. Pouvons-nous dire comme le psaume de ce jour « mon Dieu voilà ce que j’aime : ta loi me tient aux entrailles plus que mes désirs et mon plaisir ? »

Il est clair qu’en nos vies, nous devons d’abord accueillir la Parole de Dieu avant d’exprimer la nôtre. Malheureusement, nous lui disons souvent : « Écoute Seigneur, je parle » ; plutôt que : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute. » Qui doit alors obéir, entre lui et nous ? Comme Samuel a suivi les recommandations d’Élie, les disciples de Jean-Baptiste l’ont écouté présenter le Christ comme « l’Agneau de Dieu ». Ils se mirent alors à suivre Jésus. Tel est le but de notre vie chrétienne, suivre Jésus pour demeurer éternellement en sa présence. Les disciples de Jean l’ont bien compris. A la question du Christ : « Que cherchez-vous ? » ils répondent : « Maître où demeures-tu ? » Le plus grand bonheur de l’homme, c’est de demeurer en Dieu qui est le seul capable de nous combler pleinement et définitivement.

Le Psalmiste peut alors dire : « J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, pour admirer le Seigneur dans sa beauté et m’attacher à son temple. » (Ps 26, 4).

Que le Seigneur, nous accorde la grâce de l’entendre, de l’écouter, de lui obéir pour vivre de lui et en lui tous les jours de nos vies et pour des temps sans fin.

Père Philippe Amanfo sj

Communauté Notre-Dame de la Paix, Namur

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Un chant pour accompagner notre méditation

Écoute

Texte et musique : Communauté du Chemin Neuf

  1. Écoute, entends la voix de Dieu:
    A celui qui a soif, il vient se révéler.
    Écoute, que tout en toi se taise,
    Que tout en toi s’apaise
    Et que parle ton Dieu!
  2. Écoute, laisse là ton souci,
    Que se taisent les mots, que s’éloignent les cris!
    Écoute, Dieu sème sans compter,
    Sa parole est le pain
    Qui vient nous rassasier.
  3. Écoute, Dieu t’invite au désert,
    Au silence du cœur, à la source sans fin.
    Écoute, il se tient à la porte,
    Il frappe, et bienheureux
    Celui qui ouvrira!
  4. Écoute, Dieu passe près de toi
    Dans la brise légère, dans le vent de l’Esprit.
    Écoute, tu es aimé(e) de Dieu,
    Tu es choisi(e) par Dieu,
    Il veut pour toi la vie.